Revenir à la rubrique : Politique

Quatre prétendants communistes à la succession de Roland Robert

Les jeux sont ouverts. En réaffirmant ces dernières semaines son intention de ne pas briguer la tête de liste aux prochaines municipales, Roland Robert a ouvert malgré lui les luttes d'influence à sa succession. Si l'opposition attend son heure et croit en son destin (Miranville, Testan, Morel...), c'est déjà au sein du camp communiste qu'un verrou est prêt à sauter après 40 ans de règne sans partage.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 19 novembre 2012 à 18H36

En fin de semaine s'ouvrira le procès de Sylviane Rivière. Adjointe déchue par la majorité de la Possession, ses apparitions aux différentes étapes de la création du mouvement PLR tendent à prouver qu'elle pouvait être la figure légitime des municipales de 2014 pour ce parti qui se lance à peine.

Cette perspective pourrait être sérieusement remise en cause à l'issue de son rendez-vous judiciaire. Reste à savoir comment le PLR, dont le leitmotiv rassembleur est "l'intégrité", réagira dans les faits en maintenant ou non son soutien à Sylviane Rivière.

Disloquée en mars dernier, la majorité possessionnaise n'en avait pas moins été soumise à rude épreuve il y a un an avec le départ de Jean-Claude Tréport. Personnage fantasque à chaque délibération municipale, son parcours atypique lui confère une proximité incontestable avec les Possessionnais. Ce n'est pas un mythe : le football a offert à Jean-Claude Tréport un capital sympathie non négligeable auprès de la population. Ancien président du club phare de la ville, Jean-Claude Tréport pourrait finalement cesser ses menaces vis-à-vis de la majorité qu'il a quittée avec pertes et fracas pour la jouer davantage "collectif" en 2014. En matière de revirement, la politique locale n'en sera pas à son coup d'essai.

D'une autre époque, le fils de Roland Robert profite d'une rampe de lancement idéale. Avec l'éviction de Sylviane Rivière du poste de 1ère adjointe, c'est à Philipe Robert qu'est revenue la place vacante. Il a un an et quelques mois pour se faire davantage connaître et se trouver une légitimité, autre que celle de la filiation.

Et c'est bien là tout le reproche que certains électeurs, voire même sympathisants PCR, pourraient intenter au pouvoir en place. A trop vouloir jouer les mêmes cartes familiales, c'est aussi sa crédibilité que joue le parti communiste. Depuis les régionales de 2010 et la spirale de l'échec électoral, les langues se délient dans les murs jusque-là bien gardés de la maison rouge.

A la recherche de la légitimité

"En disant un an et demi avant les élections qu'il ne sera pas tête de liste, Roland Robert teste la réaction de chacun. C'est bien joué pour essayer de dégager un futur successeur, mais ça risque surtout de paralyser les futurs conseils municipaux", imagine un témoin direct de la vie municipale. "Plus on se rapprochera de l'échéance, plus on va vers la cacophonie. Déjà que les débordements sont difficiles à contenir pour la majorité depuis avril-mai, ça ira de pire en pire. Et c'est la Possession qui va perdre du temps", poursuit-il.

 

La Possession a-t-elle besoin d'un politique ou d'un super administratif ? La question mérite d'être posée au regard de la place prise par le directeur général des services, Doris Carassou. Son influence, déjà évoquée pour expliquer le départ de Tréport, n'a cessé de grandir. "Franchement, je ne le vois pas y aller. C'est un administratif, répond un autre habitué des joutes possessionnaises. En plus, pas mal de Possessionnais lui reprochent d'avoir pris trop d'importance justement. Je pense même que s'il y avait à choisir entre le fils de Roland Robert et Carassou, la population donnerait l'avantage au premier, et même si les gens ont en horreur les passages de témoin au sein d'une famille. Mais d'autres personnalités de la majorité même moins évoquées peuvent se faire connaître d'ici là. Je pense à Savigny qui a pour lui l'expérience à un poste clé. Quoi qu'il arrive, ce sera compliqué de choisir pour le maire. Enfin, s'il arrive à contenir les attentes de chacun".

L'échéance se précise. Jamais en 40 ans de vie politique, la Possession n'offrira un tel intérêt dans ce renouvellement annoncé, qu'il soit perpétué par un communiste ou qu'il soit chamboulé du tout au tout par une écologiste ou un homme de droite.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :