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Quatre mineurs jugés pour avoir tué Kenya d'un jet de galet : "Il y avait de l'adrénaline chaque fois qu'un véhicule était touché"

Fin septembre 2023, Kenya, 25 ans, perdait la vie dans des conditions tragiques et révoltantes. Passagère d'un véhicule qui se rendait dans l'Ouest, elle avait été grièvement blessée suite à un jet de galets lancés par deux adolescents au-dessus de la quatre voies au Port. L'enquête terminée, ils seront prochainement jugés devant le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle ainsi que deux autres garçons également mineurs poursuivis pour ne pas les en avoir empêchés.
Ecrit par Isabelle Serre – le lundi 9 septembre 2024 à 17H00
Le 30 septembre 2023, la jeune femme de 25 ans était grièvement blessée par le jet d'un galet (DR)

Les quatre mineurs soupçonnés d'avoir jeté des galets et un caddie du pont de la RN1, provoquant plusieurs accidents et la mort de Kenya, touchée en plein visage, seront jugés dans les prochains mois devant le Tribunal pour enfant (TPE) statuant en matière criminelle. Deux d'entre eux, âgés de 14 ans et 15 ans au moment des faits, sont accusés d'avoir, en réunion, commis des violences ayant entrainé sa mort sans intention de la donner. Des faits criminels passibles d'une peine de 20 ans de réclusion.

Il est utile de préciser que dans cette qualification les auteurs sont soupçonnés d'avoir eu intention de blesser la victime en usant de violences volontaires, ici en jetant des pierres du pont situé au-dessus du carrefour giratoire du Sacré Cœur au Port, sans toutefois être animés d’une intention d’homicide.

Huit autres personnes, six hommes et deux femmes, ont été victimes de ce caillassage. Pour la plupart, les dégâts provoqués par l'accident ont été matériels, sans oublier bien sûr le choc traumatique. Une automobiliste a été blessée au bras par une des pierres.

Selon les premiers éléments de l'enquête qui s'achève, cinq plaintes avaient été déposées dans les jours précédant ce terrible drame pour des faits similaires commis au même endroit, ou à proximité, par au moins deux des intéressés.

Cinq plaintes déposées les jours précédents pour des caillassages

Ce 30 septembre 2023, les auteurs présumés de retour de la plage de Boucan avaient commencé leur périple à la gare routière du Port où ils avaient projeté des pierres sur la vitre de protection du guichet. Ils s'étaient rendus ensuite au bâtiment Carambole appartenant à la Clinique des Flamboyants où l'un d'entre eux avait jeté un marteau volé sur la porte vitrée.

Muni d'un caddie de supermarché qui contenait des roches et des bouteilles en verre ramassées au bord de la route, le quatuor avait ensuite cheminé par une allée piétonne verte jusqu'à l'échangeur du Sacré Cœur. Le groupe s'était alors divisé. Deux des adolescents étaient restés en retrait alors que les deux autres passaient à l'acte.

Une source proche du dossier raconte que l'un des deux principaux auteurs indique dans ses auditions que le but était de "toucher des voitures" et que toutes les pierres, les bouteilles et le chariot avaient été jetés du pont. Et ce, même si, avec son co-auteur, ils avaient bien constaté que dès le premier caillou balancé, un véhicule avait été atteint. "Il y avait beaucoup d'adrénaline chaque fois qu'un véhicule était touché", a-t-il ajouté.

Des ados peu investis dans leur scolarité et des problèmes de comportement

Les quatre mis en cause sont unanimement décrits par leur entourage proche, et notamment scolaire, comme des adolescents peu investis dans leur scolarité avec des problèmes de comportement. Celui qui aurait jeté le galet blessant mortellement Kenya était suivi médicalement pour instabilité mentale "mais ne prenait pas ses médicaments", selon le résultat des investigations qui pointe également le désintérêt des parents.

 

Jets de galets au Port : « C’était un jeu »

Joint par téléphone, Damiano Parisi, le conjoint de Kenya et père de leur très jeune enfant, s'étonne de la qualification retenue par le parquet de Saint-Denis. Les principaux auteurs étaient en effet poursuivis au départ pour assassinat et tentative d'assassinat.

Incarcérés depuis le 6 octobre 2023, deux des quatre mineurs poursuivis pourraient à la fin de leur mandat de dépôt criminel qui dure au maximum une année être envoyés dans l'Hexagone pour être placés dans un centre d'éducation fermé en attendant leur procès. Les deux autres, âgés de 15 ans, sont sous contrôle judiciaire et font l'objet d'une mesure éducative judiciaire provisoire.

NB : La loi interdit de mentionner les noms et prénoms des mineurs dans la presse.

Kenya, tuée par un jet de galet : “Pour la justice, nous sommes inexistants”

 

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