Quand des voleurs de moto tentent de dépouiller… un boxeur

Lundi, Daryl L. a été condamné à deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire. Le 7 août dernier, il avait prêté main forte à un mineur pour tenter de dérober une moto à vendre sous la menace de couteaux. Manque de chance pour eux, le vendeur était un pratiquant de kick-boxing.
Tout commence par une petite annonce passée sur les réseaux sociaux. Un habitant de Sainte-Marie propose une moto cross de 450 cm3 à la vente. Intéressé, un mineur le contacte pour fixer un rendez-vous. Ils conviennent de se retrouver au domicile du vendeur, le 7 août dernier vers 20h30. Mais le mineur n’a visiblement pas l’intention d’acheter la moto. Raison pour laquelle il s’adjoint les services d’un dalon, Daryl L.
Les deux jeunes gens se présentent chez le vendeur, armés de couteaux. Sur place, la transaction vire au braquage. Le mineur surprend le vendeur en lui faisant une clé de bras au niveau du cou. Il l’étrangle tout en plaçant la lame de son couteau sur sa gorge. L’homme, ainsi maîtrisé, garde son calme. Comment pourrait-il en être autrement puisque Daryl L. lui fait face en pointant lui aussi un couteau dans sa direction.
Des low-kick pour se défaire de ses agresseurs
Reste pour les deux voyous à s’emparer de l’engin. Le mineur relâche son étreinte pour se diriger vers la moto, l’enfourcher et la démarrer. Mais il n’y parvient pas. Pendant ce temps, le vendeur est toujours sous la menace du couteau pointé par Daryl L. Il décide de passer à l’action. Longtemps pratiquant de kick-boxing, il place un low-kick (coup de pied bas) puis un second sur Daryl L. qui prend la fuite. Il se retourne ensuite contre le mineur qu’il parvient à maîtriser au sol. Les gendarmes, appelés à la rescousse, n’auront plus qu’à l’interpeller. Les enquêteurs vont ensuite remonter la piste du fuyard.
En garde à vue, le mineur explique avoir voulu voler la moto pour éponger une dette de jeu contractée autour d’un rond de cartes. Quant à Daryl L., il raconte avoir participé au vol avec violence à l’insu de son plein gré en quelque sorte. Il soutient avoir ignoré jusqu’au bout le projet du mineur. « Il a sorti son couteau et, moi, j’ai fait pareil par réflexe pour faire peur à la victime », explique-t-il à la barre. Et d’ajouter à l’attention de la présidente : « J’ai agi sous l’effet de la panique et du stress. Je n’ai pas réfléchi, c’est parti vite madame. »
Le problème, pour Daryl L., est qu’il compte déjà sept mentions à son casier judiciaire à seulement 20 ans, la plupart pour des vols aggravés. La présidente ne manque pas de relever qu’il a déjà passé 17 mois en détention et qu’il est sorti de prison le 19 juillet 2024.
Si le vendeur est parvenu à se défaire courageusement de ses assaillants, il a tout de même été blessé dans la bataille. Il souffre d’une fracture du pouce, bénéficiant d’un arrêt de travail de 45 jours avec en sus des séquelles fonctionnelles qui restent à déterminer. Pour le substitut du procureur, Léa Filippi, il ne fait aucun doute qu’ils « ont décidé ensemble de mener ce projet de vol avec violence ». Elle requiert deux ans de prison dont neuf mois avec un sursis probatoire à l’encontre de Daryl L.
En dépit d’une plaidoirie qui visait la relaxe pure et simple de son client, l’avocate de la défense n’a pas eu gain de cause. Le jeune homme de 20 ans a finalement été condamné à deux ans de prison dont un an avec sursis probatoire avec obligation de soins, de trouver un travail, d’indemniser la victime et de ne pas reprendre contact avec elle. Retour donc à la case prison.


