Publicité pour l’alcool : l’amendement Bélim adopté au Sénat, une taxe ciblée sur La Réunion

La sénatrice Audrey Bélim a fait adopter une taxe sur les dépenses publicitaires liées aux boissons alcoolisées à La Réunion dans le cadre du PLFSS 2026. Le dispositif, qui doit encore passer la commission mixte paritaire, vise à renforcer le financement local de la lutte contre les addictions.
La sénatrice réunionnaise Audrey Bélim a obtenu une nouvelle avancée dans la lutte contre les ravages de l’alcool à La Réunion. L’amendement qu’elle défendait au Sénat, ciblant les dépenses publicitaires des entreprises promouvant des boissons alcoolisées sur l’île, a été adopté dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Les recettes générées seront intégralement affectées à la Caisse générale de Sécurité sociale de La Réunion, avec l’objectif de renforcer les actions menées contre les addictions.
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Le texte s’appuie sur un constat lourd : les effets sanitaires et sociaux de l’alcool sont plus marqués sur l’île que dans l’Hexagone. Dans l’exposé des motifs, l’amendement rappelle que les violences intrafamiliales, les accidents de la route, les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale ou encore certaines maladies chroniques atteignent des niveaux supérieurs à la moyenne nationale. Longtemps établi autour de 450 décès annuels liés à l’alcool, le chiffre a été réévalué par Santé publique France : près de 600 morts par an seraient désormais recensées, soit 68,3 pour 100 000 habitants, contre 49,2 en moyenne nationale.
« Les entreprises qui incitent à la consommation d’alcool »
Pour la sénatrice, il est donc légitime que « les entreprises qui incitent à la consommation d’alcool » participent au financement de la prévention. L’amendement prévoit ainsi que cette taxe alimente directement le Fonds de lutte contre les addictions, afin de diversifier ses ressources et d’appuyer la priorité donnée à la prévention dans le cadre du plan national de lutte contre le cancer.
Audrey Bélim souligne également que cette mesure s’inscrit dans une continuité politique : celle inaugurée il y a vingt ans par la sénatrice réunionnaise Anne-Marie Payet, à l’origine du pictogramme « Zéro alcool pendant la grossesse ». Elle insiste sur les enjeux de santé publique mais aussi d’égalité femmes-hommes, rappelant que « plus de 90 % des violences intrafamiliales sont commises en raison de l’alcool ».
Le dispositif adopté présente une évolution par rapport à l’amendement voté l’an dernier : le seuil d’assujettissement a été relevé de 5 millions d’euros après concertation avec les brasseurs locaux, afin de cibler les groupes disposant d’un réel volume publicitaire.
La commission mixte paritaire se réunira ce soir pour statuer sur la version finale du texte. Le groupe socialiste du Sénat défendra le maintien de cet amendement, même si, reconnaît Audrey Bélim, « les lobbies sont puissants ». Reste à savoir si la mesure franchira cette ultime étape pour entrer dans la loi.


