Prime de Noël : Pour qui le Père CAF passera et pour qui ne passera-t-il pas ?

Chaque année, la fameuse prime de Noël est attendue dans les familles les plus défavorisées. D'un montant de 152,45€ pour une personne isolée, auquel on ajoute, par personne supplémentaire dans le foyer entre 50 et 60€, ce petit bonus est supposé permettre à certains de s'assurer, à eux ainsi qu'à leur famille, un Noël plus décent. Pour autant, certains trouvent ce montant dérisoire. Régine s'écrie : "Moi je n'y ai pas droit, mais pour le peu qu'on gagne je préfère pas y avoir droit !"
Qui peut prétendre à la prime de Noël ? Ceux qui pourront la voir s'ajouter à leurs allocations habituelles sont les bénéficiaires du RMI (Revenu minimum d'insertion), de l'ASS (Allocation solidarité spécifique), de l'AER (Allocation équivalent retraite), et enfin, depuis cette année, du RSA (Revenu de solidarité active).
Cette extension donne droit aux parents isolés (ex-bénéficiaires de l'API, allocation parents isolés), d'obtenir eux aussi cette prime de Noël. Pour Jean-Pierre Técher, président de l'association Agir Contre l'Exclusion, "les personnes qui recevaient l'API (maintenant RSA) ont des revenus très inférieurs à la normale, ce n'est pas un moyen convenable d'existence; cette extension c'est donc une excellente mesure".
"Il y a assistanat parce que le gouvernement ne mène pas de politique efficace"
Toutefois, ce ne sont pas tous les foyers qui toucheront ce petit bonus : cette année, même si l'allocation a été étendue aux bénéficiaires du RSA, elle ne s'adresse pas encore à tous ceux qui en auraient besoin.
Pierre, retraité, commente le versement prochain de la prime : "Après toutes ces années où j'ai travaillé, aujourd'hui je n'ai droit à rien. Je trouve ça injuste". Michèle quant à elle se dit "contente pour ces gens qui n'ont pas les moyens", et ne cherche même pas à savoir si elle aura droit ou non à la prime. "Je crois que quand on travaille on ne se pose même pas la question, on se contente de ce qu'on a", dit-elle.
Mais est-ce tomber dans l'assistanat que de recevoir de l'argent de l'État pour les fêtes ? Jean-Pierre Técher déplore l'emploi de ce terme d'assistanat. "L'assistanat n'est pas un but en soi, il y a assistanat parce que le gouvernement ne mène pas de politique efficace", argue-t-il. Il termine : "Si l'État ne veut pas assister les gens, il devrait leur donner des emplois ainsi que des revenus décents".
Les retraités oubliés ?
Les oubliés de la prime existent pourtant. Comme nous l'avons vu, ce sont les bénéficiaires des minima sociaux uniquement qui percevront le 21 décembre leur prime de Noël. Quid des personnes âgées qui ne touchant qu'une petite retraite ? "Ce n'est pas normal de laisser ces personnes vivre avec une retraite de 500 ou 600 euros, elles doivent aussi bénéficier de la prime, c'est une injustice", clame Jean-Pierre Técher.
En attendant, l'extension de la prime aux bénéficiaires du RSA donne à plusieurs catégories de personnes le droit d'obtenir ce bonus de fin d'année : les parents isolés, les personnes travaillant à mi-temps, ou celles au faible revenu.
Marie-Claire, mère isolée, se réjouit pour une fois de pouvoir toucher cet argent, dont elle a vraiment besoin : "En fin de mois j'ai tout à payer, donc c'est quand même bien que cette prime soit versée. Je pourrai offrir un petit Noël à mes enfants". Pour cette mère qui galère en ce moment pour trouver un logement, la moindre aide est la bienvenue. "Ce n'est pas grand-chose, mais c'est déjà ça, même si on ne peut pas se permettre non plus de faire quelque chose d'extraordinaire dans mon cas ..."


