Préservatif : une chute inquiétante de leur usage lors des nouvelles relations à La Réunion

Si les comportements évoluent, l’enquête CSF-2023* met en lumière des lacunes importantes en matière de santé sexuelle à La Réunion. Prévention insuffisante, contraception limitée et violences sexuelles restent des enjeux majeurs, souvent comparables ou légèrement inférieurs à ceux des autres territoires ultramarins.
L’enquête « Contexte des sexualités en France 2023 » (CSF-2023), menée par l’Inserm avec de nombreux partenaires scientifiques, a été dévoilée ce 14 avril. Elle vise à analyser les pratiques sexuelles et les comportements de prévention afin d’évaluer la stratégie nationale de santé sexuelle à l’horizon 2030.
Elle explore notamment l’usage du préservatif, la contraception, les violences sexuelles et l’accès aux soins, autant d’indicateurs clés pour la santé publique.
Une prévention insuffisante, surtout lors des nouvelles relations
À La Réunion, 75,7 % des femmes et 80,1 % des hommes de 18 à 29 ans déclarent avoir utilisé un préservatif lors de leur premier rapport sexuel.
Des niveaux comparables à ceux observés dans les autres territoires : 72,5 % à 81,9 % chez les femmes et 69,3 % à 80,1 % chez les hommes selon les départements ultramarins.
Mais lors d’une nouvelle relation, la protection chute fortement : 46,4 % des femmes et 48 % des hommes utilisent un préservatif à La Réunion, les taux les plus faibles parmi les quatre territoires.

En comparaison, la Martinique atteint environ 52 %, et la Guyane ou la Guadeloupe dépassent parfois 54 %.
Une contraception plus élevée… mais encore insuffisante
La Réunion présente une couverture contraceptive globalement plus élevée que les autres territoires ultramarins.
Pour autant, 21,3 % des femmes concernées ne recourent à aucune contraception.
Ce taux reste inférieur à celui observé ailleurs : jusqu’à 35,1 % en Guadeloupe et environ un quart à un tiers des femmes dans les autres territoires domiens.

Autre point de fragilité : moins de 40 % des femmes réunionnaises utilisent une méthode médicalisée, les autres privilégiant le préservatif ou des méthodes naturelles.
Des violences sexuelles toujours massives, malgré un niveau légèrement inférieur
À La Réunion, 22,7 % des femmes déclarent avoir subi une tentative de rapport forcé ou un rapport forcé au cours de leur vie.
Ce niveau est légèrement inférieur à celui observé dans les autres territoires des DOM, où les taux atteignent jusqu’à 28,7 % en Guyane et dépassent 28 % en Guadeloupe et en Martinique.

Malgré cet écart, plus d’une femme sur cinq reste concernée, avec une exposition plus forte chez les jeunes générations.
Des défis persistants pour la santé sexuelle
Les résultats de l’enquête mettent en évidence un paradoxe : alors que les comportements et les mentalités évoluent, les pratiques de prévention ne suivent pas toujours.
Faible recours au préservatif dans certaines situations, contraception incomplète, violences encore fréquentes : autant de signaux qui traduisent des difficultés persistantes d’accès à l’information, aux soins et aux outils de prévention. Des constats qui confirment la nécessité d’adapter les politiques publiques aux réalités spécifiques de La Réunion, selon l'enquête menée par l'Inserm.
Lire aussi : Enquête Inserm : À La Réunion, une sexualité plus tardive et des mentalités qui évoluent
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*L'enquête du volet DROM a été réalisée selon la même méthodologie que dans l'Hexagone, par téléphone et internet, de mai 2023 à janvier 2024, auprès d'un échantillon représentatif de 10 259 personnes de 15 à 89 ans.


