Pourquoi les salariés risquent de travailler gratuitement 7 heures de plus par an ?

Pour combler le trou de la sécurité sociale, le gouvernement envisage à nouveau d’imposer sept heures de travail non rémunérées supplémentaires par an. Une idée controversée qui divise les parlementaires et les syndicats.
Le spectre d’une semaine de travail allongée plane à nouveau sur les Français. La proposition, déjà évoquée en novembre 2024 dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), refait surface avec force. Cette mesure, qui suggère d’ajouter sept heures de travail non rémunérées par an – soit dix minutes supplémentaires chaque semaine –, pourrait, selon la ministre du Travail et de la Santé Catherine Vautrin, « générer 2 milliards d’euros de recettes fléchées vers les dépenses sociales ».
Dans une interview donnée au Journal du dimanche, Catherine Vautrin a souligné l’urgence de combler un déficit de la Sécurité sociale estimé à 30 milliards d’euros. Une situation critique qui pousse l’exécutif, dirigé par François Bayrou, à envisager cette « contribution de solidarité par le travail » pour financer des secteurs essentiels tels que les Ehpad et l’accompagnement de la dépendance.
Si l’idée est soutenue par une partie de la majorité et des sénateurs, elle suscite de vives critiques de l’opposition et même de certains économistes, et même de l'ancien Premier ministre Michel Barnier, qui exprime des réserves quant à sa faisabilité et son efficacité économique.
Malgré les controverses, le gouvernement laisse la main aux parlementaires pour décider de la mise en œuvre de cette mesure. Le texte, adopté par le Sénat, prévoit un cadre « souple » laissant aux partenaires sociaux le soin de définir les modalités. En contrepartie, le taux de contribution des employeurs pour l’autonomie passerait de 0,3 % à 0,6 %.


