Pourquoi les prix des carburants tardent à baisser malgré le recul du pétrole

Malgré la baisse des cours du pétrole après l'apaisement des tensions au Moyen-Orient, les automobilistes devront encore patienter avant de voir les prix des carburants diminuer. Comme rapporté par Le Figaro, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a expliqué les raisons de cette situation.
Selon le dirigeant, invité des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, il faudra encore "trois à quatre mois" pour que le marché retrouve son équilibre. Les conséquences des tensions autour du détroit d'Ormuz continuent de peser sur le commerce mondial du pétrole. Si les hostilités ont pris fin, de nombreux armateurs restent réticents à envoyer leurs pétroliers dans cette zone stratégique, ce qui perturbe encore l'approvisionnement.
Dans le même temps, les producteurs du Moyen-Orient ont accumulé d'importants stocks de brut. Désormais contraints de les écouler, ils vendent leur pétrole à des prix cassés, entraînant une baisse des cours du brut.
Le paradoxe du marché pétrolier
Mais cette diminution ne profite pas encore aux consommateurs. "Ce qui n'est pas bradé du tout, ce sont les prix pratiqués dans les raffineries", souligne Patrick Pouyanné. Les stocks d'essence et de diesel restent faibles, sans pour autant parler de pénurie, ce qui entretient des marges de raffinage élevées.
Résultat, le prix des carburants demeure soutenu. Selon le patron de TotalEnergies, l'essence et le diesel évoluent toujours autour d'un équivalent compris entre 95 et 100 dollars le baril, une situation qui s'explique par l'addition d'un pétrole brut moins cher mais de coûts de raffinage en forte hausse.
Pour Patrick Pouyanné, il faudra donc plusieurs mois avant que la baisse du pétrole se répercute réellement à la pompe. Un scénario qui reste toutefois suspendu à l'évolution de la situation géopolitique. Une reprise des tensions au Moyen-Orient pourrait, une nouvelle fois, déséquilibrer le marché pétrolier mondial.


