Pourquoi attendre le 17 novembre ?

C’était prévisible. Pourquoi diable ceux qui ont initié le mouvement national de protestation du 17 novembre ont-ils fixé une date aussi lointaine ? Pourquoi ont-ils décidé de le faire un samedi ? Mystère…
Toujours est-il que certains ont décidé de ne pas attendre encore 15 jours avant de passer à l’action.
Dès hier, quelques automobilistes ont occasionné de gros bouchons sur la route du Littoral avec une opération escargot, avant d’aller manifester d’abord devant la préfecture, puis devant la Région.
Un autre a décidé d’agir à son petit niveau en empêchant le radar de Saint-Leu de flasher. Comment ? En posant une chasuble jaune dessus. L’acte est signé.
C’est dire si la grogne est importante. Les Français en ont marre, les Réunionnais en ont marre.
Ils n’en peuvent plus de se faire taxer. On apprend tous les jours l’instauration de nouvelles taxes. Rien que ces derniers jours, on a appris qu’on envisageait maintenant une carte grise pour les vélos. Et que le fait de refuser la priorité à un piéton, même en dehors du passage clouté, était depuis le 1er novembre sanctionné par une amende de 750 euros, un retrait de 6 points sur le permis de conduire, voire une suspension du permis pendant trois ans. Rien que ça ! Et pourquoi pas la prison tant qu’on y est ?
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a sans doute été la nouvelle augmentation, très forte, du prix du sans plomb et du gazole.
Sur ce point, le gouvernement s’abrite derrière une noble cause : faire diminuer les émissions de gaz carbonique. Comme pour le tabac, affirme-t-il, le meilleur moyen de faire baisser la consommation d’essence est d’augmenter les prix.
Sauf que ce n’est pas du tout pareil.
Personne ne nous oblige à fumer. Par contre, la quasi totalité de ceux qui utilisent leurs voitures sont obligés de le faire. Ne serait-ce que pour travailler.
Tout le monde n’habite pas à Paris où il existe le métro et les bus qui permettent à la plupart des Parisiens de se passer de voiture. A la Réunion, on en est loin !
On nous dit : vous n’avez qu’à changer de voiture et acheter un véhicule électrique. Sauf que tout le monde n’a pas les moyens de faire un nouveau crédit et que la plus petite voiture électrique coûte trois fois plus cher que le plus petit diesel !
D’autant que, comme l’affirment de plus en plus d’experts, au final, une voiture électrique ne pollue pas moins, si on prend en compte la pollution engendrée par sa construction et son recyclage en fin de vie.
Les taxes rapportent 17 milliards d’euros à l’Etat. Si vraiment, la transition énergétique était sa priorité des priorités, il y consacrerait l’intégralité de cette somme. Or, il n’y consacre que 7 milliards et demi.
Alors, il reste quoi ? Il reste que, derrière ses belles paroles, l’Etat est avant tout à la recherche d’argent. Et que tous les moyens sont bons.
Dans ce contexte, à n’en pas douter, les manifestations continueront à se multiplier d’ici le 17 novembre…


