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Pour l’honneur de Dayot

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 24 mars 2011 à 16H44

A peine revenu du Salon de Paris, où nous étions partis représenter l’indépendance de la littérature réunionnaise avec dignité, j’eu la stupéfaction de découvrir les réactions épistolaires et véhémentes des militants du ?!... (Réactions préfabriquées dont les auteurs se cachent derrière des pseudos sans créativité).
J’insiste : le créole est honorable, chatoyant au sens où l’étymologie l’entend. Ce contre quoi je me bats, c’est le créole forcé (KWZ) imposé par Axel Gauvin (un des auteurs les plus subventionnés de ces 12 dernières années). En mon sens, ce dernier n’apporte pas de supplément d’âme. Rappelons-nous des 20 millions  d’euros budgétisés (et à mon humble avis gaspillés) de la MCUR : Il aurait été préférable, dans un esprit de partage et de solidarité, que ces sommes soient utilisées pour favoriser l’activité, allouée à cette dignité que procure un emploi ?! ou alors tout simplement "Momon papa léla" ?

Bref, cette prise de position courageuse (d’après mes amis), devient insensée et dérange ceux qui ont l’esprit de collaboration aux pouvoirs établis. Cependant, le sentiment de beaucoup de réunionnais sensés et sensibles, privilégiant plus l’avoir que l’être, continuant fort heureusement à aimer fortement leur pays et œuvrant chacun dans leur monde avec leurs possibilités, dans les vertus égalitaires (l’esprit de la république qui, lui aussi est hélas souvent malmené), est heureusement resté intact.

Dieu merci,  il reste encore beaucoup de lecteurs à l’esprit ouvert qui nous font l’honneur de nous soutenir dans notre démarche. Nous leur en sommes reconnaissants.
Pour conclure, non pas dans le pamphlet, (comme le souligne fort justement Pascal) mais dans la douceur fondatrice de la Créolie, qui apaise les passions débridées, je propose au lecteur citoyen un antidote avec 4 strophes du poète et journaliste Eugène Dayot, extrait d’Actions de Grâce, et qui, jusqu’à son dernier souffle, n’a jamais trahi son noble idéal d’amour pour l’humanité qu’il portait jusqu’au bout de son âme créole.

"Ainsi, je chanterai de la vierge créole
Le cœur ardent et fier, l’œil pur comme un beau jour,
Le suave sourire et la douce parole
De son premier amour.

Je chanterais le ciel de notre ile chérie,
Son océan jaloux, capricieux amant,
Qui d’amour la caresse, ou saisi de furie,
La frappe en mugissant.

Je chanterai nos bois, nos ravines profondes ;
Nos forêts de palmiers se verdissant toujours ;
Nos terribles torrents, aux mugissantes ondes,
Broyant tout dans leur cours.

Je chanterai nos pics, aux orgueilleuses cimes,
Que le volcan fondit dans ses éruptions;
Nos cavernes sans fond, portant les millésimes
De nos traditions."

Christian Vittori.
24 mars 2011

 

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