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Pour la Saint-Valentin, florilège de : "C'est pas moi, c'est elle"

Les audiences se suivent et se ressemblent au tribunal judiciaire de St-Denis. En ce début de semaine, les condamnations à de la prison ferme sont trop nombreuses pour que l'on puisse toutes les raconter. Florilège.
Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 14 février 2024 à 21H33

Elle ne répond plus au téléphone, il tente de lui ôter la vie

Séparé de sa compagne depuis 10 jours, Jean A. n’a pas cessé de la harceler. Celle-ci s’était installée chez son père dans le Sud du département et, persécutée par de multiples appels téléphoniques, elle avait fini par bloquer le perturbateur. Mais cette rupture de communication a déplu au quinquagénaire.

Le 23 octobre 2023, il est présenté au domicile du paternel armé d’un couteau. Après un premier coup porté à l’abdomen, le second aurait pu être fatal si des proches ne s’étaient pas vivement interposé.

Mis en examen pour tentative de meurtre après avoir tenté de mettre fin à ses jours en se lapidant, Jean A. a tenté de sortir de détention où il a été placé en attendant la suite des investigations. En vain. L'enquête se poursuit en attendant une probable comparution devant les Assises.

"Je veux qu'il revienne, mais seulement si j'ai un téléphone grave danger"

Coup de poing au visage, coup de pied circulaire, strangulation, Dimitri T., 30 ans, était tellement alcoolisé lorsqu'il a frappé sa récente compagne qu'il n'a même pu souffler dans le ballon. Mais la belle n'a pas été découragée. Elle n'a pas souhaité porter plainte au motif "que c'était la première fois" et a fait croire aux policiers intervenus sur les lieux que c'était sa voisine qui les avait contactés.

"Mon problème, c'est l'alcool", explique l'homme violent qui avait pourtant rangé la bouteille, puis repris en même temps que cette relation entretenue depuis octobre 2023. À la barre, la victime indique qu'elle veut qu'il revienne "mais seulement si elle est équipée d'un téléphone grave danger". Une déclaration qui ne tombe dans l'oreille d'une sourde. La représentante de la société souligne l'ambivalence du prévenu "qui mélange l'amour et la peur".

Dimitri T. est condamné à 12 mois de prison, dont quatre avec sursis et un stage de sensibilisation aux violences conjugales. Il a interdiction de contact avec l'intéressée à sa sortie de Domenjod et devra se soigner.

"Au lieu de lui coller deux gifles, j'ai préféré tout casser"

Dans la nuit du 5 décembre dernier, Wilfrid J. a défoncé la porte de chez son ex-conjointe vers minuit à St-Benoît. Il a ensuite cassé tout le mobilier qui se trouvait sur son passage. Télévision, table basse en verre, console de jeux, armoire, tout y est passé. À l'arrivée des gendarmes, il s'est enfoncé dans la nuit.

Arrêté trois jours plus tard, il a résisté à son interpellation, quoiqu'il en dise aux magistrats du tribunal correctionnel de St-Denis. "Je voulais lui parler tranquille", poursuit le trentenaire. Et selon le prévenu qui se trouve en récidive de violation de domicile, ses énervements successifs, "c'est sa faute à elle". Elle qui part chercher le pain et revient le lendemain. Elle qui l'empêche de partir "faire sa vie en France", elle qui "fait des trucs dans son dos". Ainsi, "au lieu de lui coller deux gifles, j'ai préféré tout casser", poursuit le mis en cause au casier judiciaire constellé de 17 mentions.

Le paranoïaque est condamné à 16 mois de prison et 2 mois supplémentaires pour la révocation d'un sursis. Il dort en prison.

 

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