Polémique après les propos de Mémona Hintermann-Afféjee sur CNews : Jean-Jacques Morel et Didier Robert à la rescousse

Alors que Mémona Hintermann-Afféjee nous a accordé un entretien, deux communiqués tombés coup sur coup ce jeudi 2 avril viennent prendre partie pour la journaliste. Jean-Jacques Morel et Didier Robert montent au front pour la défendre, transformant une polémique plus que médiatique en affrontement politique assumé avec la gauche et la Région.
La séquence bascule. Après des critiques nourries et un entretien où Mémona Hintermann-Afféjee s’est longuement expliquée sans vraiment convaincre, la droite et l'extrême droite réunionnaise entrent à leur tour dans l’arène. Et elle le fait de manière coordonnée.
Deux communiqués tombent presque simultanément. D’un côté, Jean-Jacques Morel (secrétaire départemental du RN974), pour le groupe d'opposition à la Région Objectif Ré’Union (dont Didier Robert était le délégué général à sa création). De l’autre, Didier Robert, ancien président de Région. Même cible, même ligne : défendre la journaliste et dénoncer une polémique jugée excessive, voire instrumentalisée.
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Charge virulente de Jean-Jacques Morel
La charge la plus frontale vient de Jean-Jacques Morel. Dans un communiqué particulièrement offensif, le président du groupe Objectif Ré’Union ne se contente pas de défendre Mémona Hintermann-Afféjee : il accuse directement Huguette Bello de l’avoir “violemment attaquée” en la qualifiant de raciste. Une accusation qu’il juge infondée, rappelant que les propos de la journaliste s’inscrivent, selon lui, dans une réalité “scientifique” autour de la notion d’“Homo sapiens”.
Mais le texte dépasse rapidement le cadre de la polémique initiale. Jean-Jacques Morel élargit le tir et vise frontalement la gauche locale, évoquant des Réunionnais “fatigués des discours et des attitudes de l’extrême gauche et de leurs alliés socialistes”. Le communiqué prend alors une tournure nettement plus idéologique, accusant certains responsables politiques de vouloir “effacer notre histoire”, en référence notamment au déboulonnage de statues.
Parallèle entre l’idéologie marxiste et le nazisme
Le ton se durcit encore lorsque l’élu établit un parallèle entre l’idéologie marxiste et le nazisme, les qualifiant parmi les plus meurtrières du XXe siècle. Une sortie particulièrement virulente, qui marque un saut dans la conflictualité et inscrit clairement cette séquence dans un affrontement politique plus large que la seule polémique autour de la journaliste. Dans la même logique, Jean-Jacques Morel cible directement le PLR, présenté comme “le petit frère” de La France insoumise, accusée de “menacer la France et donc La Réunion”. Une attaque directe contre la majorité régionale, qui confirme que la défense de Mémona Hintermann-Afféjee sert aussi de point d’appui à une offensive politique plus globale.
Dans la foulée, Didier Robert prend le relais avec un soutien “plein et entier”. L’ancien chef de l’exécutif régional insiste sur le parcours de la journaliste, son attachement au vivre-ensemble et son engagement de longue date. Pour lui, rien ne permet de la qualifier de raciste. Mais là encore, la défense dépasse rapidement la seule personne de Mémona Hintermann-Afféjee.
Car l’ancien président de Région déplace le débat. Il estime que la polémique sert à détourner l’attention des véritables urgences, à commencer par la flambée des prix des carburants et la crise du pouvoir d’achat. Dans son viseur : la majorité régionale, accusée d’inaction face à une situation jugée critique pour les Réunionnais.
La polémique se politise localement
Ce double soutien n’arrive pas par hasard. Il intervient après une séquence médiatique où la journaliste, tout en dénonçant une “cabale”, a peiné à répondre sur le fond aux critiques suscitées par ses propos. Entre stratégie de déplacement, revendication identitaire et incompréhension affichée face à l’indignation, son discours a laissé apparaître un décalage qui continue d’alimenter le débat.
En entrant dans la bataille, la droite et l’extrême droite réunionnaise ne se contentent plus de commenter la polémique : elle la politise. Derrière la défense d’une figure médiatique locale, c’est désormais un affrontement plus large qui se dessine, mêlant accusations d’instrumentalisation, bataille symbolique autour du lycée, et retour en force des questions de pouvoir d’achat. En ligne de mire, à peine les municipales terminées, déjà dans toutes les têtes : les régionales
Une chose est sûre : l’affaire Hintermann a changé de nature. Ce qui relevait encore, il y a quelques heures, d’un débat sur des mots et leurs interprétations s’inscrit désormais dans un rapport de force politique beaucoup plus frontal.


