Après la polémique sur Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, le dérapage de la Réunionnaise Mémona Hintermann-Afféjee sur CNews

La séquence ne retombe pas. Après les propos tenus sur CNews visant le maire de Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, une nouvelle polémique s’est ouverte avec l’intervention de la journaliste réunionnaise Mémona Hintermann-Afféjee. Une prise de parole qui suscite à son tour de vives réactions, jusqu’à La Réunion. La Région évoque son indignation.
L’affaire Bally Bagayoko continue de produire ses effets en cascade, comme l'ont indiqué nos confrères d'Imaz Press ou du Tangue. Quelques jours après les propos tenus sur le plateau de CNews par le psychologue Jean Doridot, qui ont conduit le maire LFI de Saint-Denis à déposer plainte pour racisme, une nouvelle séquence est venue raviver les tensions. Cette fois, c’est l’intervention de la journaliste réunionnaise Mémona Hintermann-Afféjee qui se retrouve au cœur de la polémique.
"Des nièces très, très, très noires et des neveux très, très, très blancs"
Venue défendre la chaîne à l’antenne, elle a rejeté toute lecture raciste des propos initiaux, s’appuyant sur son histoire personnelle. « Moi, je n'ai aucun problème, de ma famille, j'ai toute la galaxie des couleurs, vraiment, des nièces très, très, très noires et des neveux très, très, très blancs, forcément c'est notre histoire commune à La Réunion », a-t-elle déclaré. Avant de poursuivre en évoquant son regard sur l’évolution du pays : « Donc j'ai l'image de la France, il y a 50 ans (…) mais cette France-là, mais qu'est-ce que vous en avez fait ? »
🚨🇫🇷📺 FLASH
CE N’EST PAS UN SKETCH ! CNEWS A ENCORE FRAPPÉ ! ET CETTE FOIS-CI… ON FRANCHIT UN NOUVEAU CAP
UNE INTERVENANTE EXPLIQUE QUE, PARCE QU’ELLE A DES NIÈCES TRÈS TRÈS NOIRES, ELLE NE PEUT PAS ÊTRE RACISTE…ET ASSURE QU’ON A LE DROIT D’ÉVOQUER UN "HOMO SAPIENS" POUR… pic.twitter.com/XRwAhHVRo7
— Impact (@ImpactMediaFR) March 31, 2026
Refusant toute accusation, la journaliste a ensuite lancé : « On va me dire que je suis raciste ? Mais venez ! Venez me dire que je suis raciste ! » avant d’ajouter une phrase qui a particulièrement fait réagir : « Si on ne peut pas aujourd'hui évoquer l'homo sapiens à propos d'une personne noire, mais on est devenu dingue, ça veut dire que c'est interdit ! »
Des propos qui interviennent dans un contexte déjà explosif. La veille, sur le même plateau, Michel Onfray avait lui aussi alimenté la controverse en évoquant une posture de « mâle dominant » à propos de Bally Bagayoko, parlant d’une attitude « très tribale », avant d’ajouter : « Mais on n'est pas dans une tribu primitive. »
Changement de nom pour le lycée ?
À La Réunion, la réaction politique n’a pas tardé. Dans un communiqué, la présidente de Région Huguette Bello a exprimé sa « plus vive indignation » face à des propos qu’elle juge « inacceptables ». Elle rappelle que « qualifier - ou discuter publiquement de la qualification - d’"Homo sapiens" un homme noir, c’est faire abstraction de toute une histoire », évoquant la déshumanisation des personnes noires, de l’esclavage aux théories raciales du XIXe siècle.
Pour la présidente de Région, ces déclarations participent d’une banalisation du racisme et témoignent d’une méconnaissance des blessures encore vives liées à cette histoire. Elle souligne également qu’il est « d’autant plus regrettable » que ces propos émanent d’une personnalité dont le nom a été donné à un lycée de La Réunion, à Bois-de-Nèfles, à Saint-Denis.
Dans ce contexte, la séquence dépasse désormais le cadre national pour s’ancrer dans le débat local. En coulisses, certains s’interrogent déjà sur les conséquences de cette polémique. Dans les couloirs de la Région, la question du maintien du nom du lycée pourrait finir par être posée.


