Revenir à la rubrique : Société

Plus que 360 mètres avant la RN2 : la lave du volcan accélère sa descente, attention aux voitures mal garées

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le jeudi 12 mars 2026 à 13H57
Photo d'illustration (Photo : Alexandre Robert)

La coulée de lave du Piton de la Fournaise poursuit sa progression rapide dans les Grandes Pentes. Selon les dernières observations réalisées ce jeudi à 11 h 56, le front actif n’était plus qu’à 360 mètres de la Route nationale 2. Face à cette avancée, la route doit être fermée dans l’après-midi dans le secteur du Grand Brûlé. Les autorités se préparent désormais à l’éventualité d’une coupure par la lave.

Va-t-on revivre l'épisode de 2007, quand la coulée de lave de "l'éruption du siècle" avait traversé la RN2 ? La situation évolue rapidement sur le flanc sud sud est du volcan. Après une progression notable durant la nuit, la coulée active a continué d’avancer au cours de la matinée de ce jeudi 12 mars.

Dans son communiqué publié à l’aube, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise indiquait que le front du bras sud se situait à environ 700 mètres de la RN2 vers 4 h 30.

Lire aussi : Vitesse, prévisions et possibles dispositifs... ce que l’on sait de la coulée de lave qui menace la route du Grand Brûlé

Quelques heures plus tard, les observations de terrain montrent une avancée significative. À 11 h 56, la distance entre la lave et la route n’était plus que de 360 mètres, confirmant une progression continue de la coulée dans les Grandes Pentes.

"Cette nuit le front de coulée du bras sud a repris sa progression", indiquait déjà l’observatoire dans son bulletin matinal.

L’éruption, débutée le vendredi 13 février, se poursuit sur un seul site éruptif situé sur le flanc sud sud est du volcan. Le cône volcanique formé autour de la bouche éruptive s’est progressivement refermé au fil des semaines, ce qui limite désormais les projections visibles.

La lave circule principalement à travers un réseau de tunnels souterrains qui alimentent ensuite plusieurs bras en surface. Deux branches principales ont été identifiées.

Le bras nord, aujourd’hui figé, reste situé à environ 2,6 kilomètres de la RN2.

Le bras sud, en revanche, demeure actif et constitue la principale source de vigilance. Mercredi encore, il se trouvait à près de 975 mètres de la route avant de reprendre sa progression durant la nuit.

Pour les scientifiques, l’évolution de la coulée reste difficile à anticiper. Les modèles d’écoulement disponibles sont surtout conçus pour les premières phases d’une éruption et deviennent moins fiables lorsque la lave circule dans des tunnels souterrains.

"La lave s’écoule principalement par des tunnels dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions", souligne l’OVPF.

Fermeture à 15 heures

Dans ce contexte, le suivi de la coulée repose désormais essentiellement sur les observations réalisées sur le terrain.

Face à la menace, la Préfecture de La Réunion a déjà décidé d’activer la phase d’alerte 2.2 du dispositif ORSEC volcan. Selon les autorités, "la coulée de lave active pourrait atteindre la RN2 à brève échéance".

La route nationale doit être fermée à partir de 15 heures dans le secteur du Grand Brûlé afin de sécuriser la zone.

Pour rappel, deux points de retournement seront mis en place pour les automobilistes. Côté Est, la circulation sera interrompue au point kilométrique 78 sur la commune de Sainte-Rose. Côté Sud, les véhicules devront faire demi tour au giratoire de Citron Galets sur la commune de Saint-Philippe.

Lire aussi : La lave s'approche de la RN2, la route du Grand Brûlé va fermer cet après-midi

Alors que la lave se rapproche de la route, les collectivités anticipent déjà l’afflux de visiteurs. Plusieurs réunions se sont notamment tenues entre les intercommunalités en charge du transport et du tourisme, les communes de Sainte-Rose et de Saint-Philippe, ainsi que les services de l’État, afin d’anticiper la gestion de l’accès du public au plus près de la coulée.

Contacté, le premier adjoint de Sainte-Rose, Dominique Panamballom, nous confirmait ce jeudi matin cette volonté d’encadrer sans interdire. "L’objectif partagé n’est pas de mettre le volcan sous cloche", explique-t-il.

Intransigeance le long de la route

Du côté de Saint-Philippe, la mise en place de navettes par la Casud était à l'étude avant que l'idée ne tombe finalement à l'eau en raison, entre autres, de l'affluence déjà grandissante sur la route.

Du côté de la Cirest et de Sainte-Rose, des discussions seraient toujours en cours.

Plusieurs sources nous confirment cependant que des véhicules de fourrières seront dépêchés sur place pour "dégager" tout véhicule susceptible de gêner la circulation. Une "intransigeance" répétée par les autorités depuis le début de l'éruption, le vendredi 13 février.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :