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Vitesse, prévisions et possibles dispositifs... ce que l’on sait de la coulée de lave qui menace la route du Grand Brûlé

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le jeudi 12 mars 2026 à 12H08
Photo d'illustration (Photo : Alexandre Robert)

La coulée issue du Piton de la Fournaise s’est rapprochée dangereusement de la Route nationale 2 dans la nuit de mercredi 11 à jeudi 12 mars. À l’aube, le front actif se situait à moins de 700 mètres de la route. Face à ce risque de coupure, la Préfecture de La Réunion a annoncé la fermeture de l’axe dans le secteur du Grand Brûlé. Voici ce que l’on sait de la situation.

Dans son bulletin publié jeudi matin 12 mars, l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise confirme une reprise de la progression de la lave durant la nuit.

Selon les volcanologues, le front actif du bras sud de la coulée a avancé dans les Grandes Pentes et se trouvait à environ 700 mètres de la RN2 vers 4 h 30.

Lire aussi : La lave s'approche de la RN2, la route du Grand Brûlé va fermer cet après-midi

"Cette nuit le front de coulée du bras sud a repris sa progression. Ce matin à 4 h 30 heure locale sa position était estimée à environ 700 mètres de la route nationale 2", précise l’observatoire. Selon nos informations, la lave progresse doucement, à hauteur de 35 mètres par heure.

La coulée représente actuellement la principale zone de vigilance pour les autorités.

Deux bras de lave identifiés

Le champ de lave s’organise autour de deux branches principales qui descendent le flanc sud-sud est du volcan.

Le bras nord, actuellement figé, reste à une distance estimée à environ 2,6 kilomètres de la RN2.

Le bras sud, lui, est toujours actif. Il se situait encore mercredi après midi à environ 975 mètres de la route avant de reprendre sa progression durant la nuit.

C’est ce bras qui pourrait potentiellement atteindre la route dans les prochaines heures ou les prochains jours, en fonction de la vitesse de la coulée de lave. A ce rythme, selon nos informations, elle pourrait atteindre la route ce samedi 14 mars.

Une progression difficile à prévoir

Les scientifiques insistent sur les limites des prévisions concernant l’évolution de la coulée.

"Les modèles actuels d’écoulement de lave ne permettent pas de prédire avec précision si et quand la route pourrait être coupée", indique l’OVPF.

La lave circule désormais principalement dans des tunnels souterrains qui alimentent ponctuellement des résurgences en surface.

"La lave s’écoule actuellement surtout par des points de résurgence de tunnels de lave dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions", souligne encore le communiqué.

"A noter que les modèles actuels d’écoulement de lave, principalement adaptés aux premières phases d’une éruption, ne permettent pas de prédire avec précision si et quand la route pourrait être coupée. Ainsi, compte tenu de la position avancée du front de coulée du bras sud, la vigilance est de rigueur pour le suivi de la coupure de la route. Désormais, nous suivons l’avancer de la coulée uniquement avec les observations de terrain."

Dans ces conditions, les volcanologues privilégient désormais l’observation directe de la coulée sur le terrain pour suivre son évolution.

Une fermeture de la RN2 décidée par précaution

Face à la menace, la Préfecture de La Réunion a annoncé ce jeudi 12 mars le passage en phase d’alerte 2.2 du dispositif ORSEC volcan.

En clair, les autorités estiment que la lave pourrait atteindre la route à brève échéance.

"Au regard des informations transmises par l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise, la coulée de lave active pourrait atteindre la RN2 à brève échéance", précise la préfecture.

La RN2 sera donc fermée à partir de 15 heures dans le secteur du Grand Brûlé afin de sécuriser la zone.

Lire aussi : Jusqu'où ira la coulée active du volcan, qui poursuit sa lente progression vers la RN2 ?

Des points de retournement pour les automobilistes

Deux zones de retournement seront mises en place de part et d’autre de la zone menacée.

Côté Est, les véhicules devront faire demi tour au point kilométrique 78 sur la commune de Sainte-Rose.

Côté Sud, la circulation sera interrompue au giratoire de Citron Galets sur la commune de Saint-Philippe.

Au delà de ces points, l’accès sera interdit aux véhicules.

Une éruption toujours en cours

L’éruption a débuté le vendredi 13 février dernier sur le flanc sud sud est du volcan et se poursuit depuis plus de trois semaines.

Selon l’OVPF, l’activité reste relativement stable avec une inflation de l’édifice volcanique et une sismicité faible.

Le niveau d’alerte demeure fixé initialement à 2.1, correspondant à une éruption en cours à l’intérieur de l’Enclos, vient de passer à 2.2.

Pendant ce temps, la lave continue sa lente descente dans les Grandes Pentes, sous la surface sombre du champ volcanique. Et avec elle la possibilité, toujours spectaculaire, de voir une nouvelle fois la lave couper la route du littoral Est.

Ce qui pourrait être mis en place

Alors que la situation reste encore incertaine, les autorités locales s’organisent déjà pour anticiper l’afflux de visiteurs et encadrer l’accès au site. Plusieurs réunions se tiennent actuellement entre les intercommunalités compétentes en matière de transport et de tourisme, les communes de Sainte-Rose et de Saint-Philippe, ainsi que les services de l’État.

L’objectif est de préparer la gestion concrète de l’accès du public au plus près de la coulée tout en garantissant la sécurité des visiteurs.

La fermeture annoncée de la Route nationale 2 pourrait en effet transformer rapidement le secteur du Grand Brûlé en point d’observation privilégié si la lave atteint la route.

Lire aussi : Volcan : un dispositif de gestion de la circulation et du stationnement mis en place

Les discussions portent notamment sur l’organisation du stationnement, la circulation des piétons et la mise en place d’éventuels dispositifs de régulation pour éviter les situations dangereuses.

Contacté, le premier adjoint de la commune de Sainte-Rose, Dominique Panamballom, confirme que les collectivités souhaitent trouver un équilibre entre sécurité et accès au site.

"L’objectif partagé n’est pas de mettre le volcan sous cloche", explique-t-il, soulignant la volonté de permettre au public d’observer le phénomène tout en maintenant un cadre strict et sécurisé autour de la coulée.

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