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Plus d’impôts, encore plus d’impôts, toujours plus d’impôts

L’Assemblée nationale examine à partir de ce soir la partie “recettes” du budget 2025. Un exercice qui s’annonce explosif pour Michel Barnier, qui devra louvoyer entre les missiles qui partiront de l’opposition du NFP et du RN, ce qui est somme toute logique, mais aussi issus de sa propre majorité. Ce qui l’est moins. Avec au final, le risque pour lui d’être contraint de faire appel à l’article 49-3 de la Constitution pour gagner quelques semaines ou mois de survie.
Ecrit par Pierrot Dupuy – le lundi 21 octobre 2024 à 20H04

Dure, dure la vie d’un Premier ministre minoritaire au sein de son Parlement ! Le projet de budget présenté par le gouvernement à l’Assemblée nationale est ressorti méconnaissable après la première épreuve de la commission des finances. Au point que le gouvernement a dû se résoudre à demander à voter contre son propre texte, ce qui n’a été possible que grâce au soutien tardif du Rassemblement national.

Dans un Parlement composé de trois blocs d’importances à peu près égales, il suffit à deux de ces blocs de s’allier pour réussir à faire passer un amendement. Et c’est ce qui s’est passé. Le NFP, le RN et la Droite ont multiplié les amendements démagogiques, voire populistes, en oubliant qu’en économie, tout se tient et est question de grands équilibres et qu’une mesure qui peut paraitre de bon sens peut avoir des conséquences catastrophiques en macroéconomie.

Un exemple : la commission des Finances a voté en faveur d’une réforme de l’assurance-vie visant à aligner la fiscalité des versements effectués avant les 70 ans du défunt, sur celle des droits de succession en ligne directe. Aujourd'hui, les bénéficiaires des contrats d'assurance-vie profitent d'un abattement de 152.500 euros par personne. Ils sont soumis au-delà à un taux de 20% sur les 700.000 premiers euros, et 31,25% au-delà. En revanche, quand les versements ont lieu après 70 ans, un abattement limité à 30.500 euros est partagé entre tous les bénéficiaires, avant de laisser la place aux droits de succession, dont le barème varie selon le degré de parenté entre le défunt et le bénéficiaire. Avec un barème bien plus progressif puisque grimpant jusqu’à 45%.

C’est l'investissement préféré des Français

En s’attaquant à l’assurance-vie, on ne s’attaque pas à n’importe quel placement. C’est l'investissement préféré des Français.

En 2023, ils ont versé plus de 152 milliards d'euros sur ces types de contrats. Dont environ 61 milliards d'euros ont été investis dans des unités de compte, c’est-à-dire, pour simplifier, en bourse, tandis que 91 milliards d'euros l'ont été sur des supports en euros. C’est-à-dire pour l’essentiel en obligations d’État, et donc en dette française.

Augmenter la fiscalité de l’assurance-vie aura pour conséquence inéluctable de détourner les Français de ce placement, ce qui aboutira à des difficultés supplémentaires pour la France de placer sa dette sur les marchés financiers.

Une fausse bonne idée donc, qui risque d’être totalement contre-productive.

Voilà ce que c’est que de confier les finances de la France à des apprentis sorciers incultes, ignorants des règles de base de l’économie.

La France est déjà le pays le plus lourdement taxé d’Europe et ces irresponsables ne souhaitaient rien moins que d’y rajouter 60 milliards d’impôts supplémentaires !!! Ce qui aurait abouti à trois fois le niveau des impôts de 1981 en pourcentage du PIB !!!

Demander à l’État de faire des économies

Plus d’impôts, encore plus d’impôts, toujours plus d’impôts. A aucun moment, il ne leur est venu à l’idée d’essayer de demander à l’État de faire des économies.

Là aussi, un exemple. Les réseaux sociaux sont en furie depuis quelques jours, depuis qu’un tweet est apparu sur X révélant les prix des catalogues utilisés par l’administration pour toutes ses commandes internes.

Le tweet concerne en l’espèce le catalogue de la société Sordalab mais l’internaute précise, preuves à l’appui, que les autres sociétés proposant des catalogues à l’Éducation nationale affichent des prix équivalents, tous alignant leurs prix les uns sur les autres.

Une lampe à culot tout ce qu’il a de plus basique est facturée 80 euros ! Et bien évidemment, pour ce prix-là, l’ampoule n’est pas fournie. Prévoir 48,60 € de plus. Vous ne me croyez pas ? Je vous fournis la capture d’écran de la lampe figurant dans le tweet.

Sur le coup, j’ai cru à une fake news fabriquée par une intelligence artificielle. Mais non, il suffit de lire les commentaires pour découvrir les dizaines de témoignages certifiant qu’il en est de même dans toutes les administrations. À l’hôpital par exemple.

Ne vous étonnez pas si ensuite les responsables des achats de ces administrations se voient offrir des voyages aux Seychelles ou en Tunisie par ces sociétés de vente par correspondance !

Largent i mank a nou?

Gaspillage à 7,5 milliards d'euros par an !

Quand est-ce que nos élus oseront s’attaquer au mille-feuille administratif qui coûte des milliards d’euros tous les ans ? On a rajouté les communautés d’agglomération aux communes, aux départements, aux régions et à l’État. Aboutissant à une complexité innommable entrainant des doublons dans les fonctions, une bureaucratie plus lourde, et un manque de clarté dans les responsabilités. Un rapport remis au gouvernement par Boris Ravignon, maire de Charleville-Mézières, en mai 2024, estime ce gaspillage à 7,5 milliards d'euros par an !

Heureusement, le projet de loi de finances tel que modifié a finalement été rejeté suite à un vote demandé par le gouvernement, vote pour lequel il a reçu l’appui du Rassemblement national, lequel était pourtant à l’origine de nombre d’amendements votés par la commission. Comprenne qui pourra.

Retour à la case départ, donc : c'est le projet de loi de finances initial, celui présenté le 10 octobre dernier par le gouvernement, qui sera examiné à partir de ce soir par l'Assemblée nationale en séance plénière. Avec dans toutes les têtes la perspective d’un recours au 49-3 si d’aventure Michel Barnier finissait par faire le constat qu’il ne parviendrait pas à dégager une majorité pour le voter.

Dans cette hypothèse, la Gauche déposerait immédiatement une motion de censure. Le sort du gouvernement se trouverait alors de fait entre les mains du Rassemblement national. Et ce matin, pour faire encore monter les enchères, Jordan Bardella n’a pas exclu de la voter. « Si des lignes rouges étaient franchies, bien sûr que le gouvernement s’expose et s’exposerait à une censure de notre part. Ce budget, il n’a ni cap ni cohérence. Il fragilise à la fois les épargnants, la France du travail et les entreprises », a-t-il déclaré sur Europe 1 et CNews.

Je souhaite beaucoup de courage à Michel Barnier !

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