"Plus de respect" et "moins de légèreté" autour des fouilles archéologiques

"Fouilles : Science ou profanation ?", peut-on lire sur une publication de fin janvier venant du Kolektif Domoun. Associé au Cran Réunion, le collectif réunionnais veut interpeller le Conseil général sur les fouilles archéologiques entreprises à la Réunion depuis plusieurs années. Le collectif demande "plus de respect" et "moins de légèreté" lorsque des fouilles sont menées dans notre île.
"La terre réunionnaise porte les marques de son Histoire. Il est nécessaire de les décrypter et de les préserver. Cependant ce travail de recherche doit s'effectuer dans le respect et en lien avec notre culture, suivant une démarche scientifique rigoureuse", explique le Kolektif Domun dans sa publication. A sa tête, Erik Murin, également président du Cran Réunion, souhaite sensibiliser le Conseil général sur "le protocole" à respecter au moment d'effectuer les fouilles archéologiques. "Les manquements que l'on observe sur les corps des marrons retrouvés, malmenés, non répertoriés nous choquent. Un peu moins de légèreté, plus de responsabilité et de respect sont exigés pour assurer pleinement la transmission de ces traces mémorielles. Na tro lo zo i pèrd dann péi la", ajoute-t-il.
Des ossements volés sur le site du Lazaret 2
"Lors du second semestre 2012, des fouilles ont été réalisées à la Grande Chaloupe sur le site du Lazaret 2. On a trouvé des ossements mais malheureusement quelqu'un les a volé. On a questionné les autorités sur le respect du protocole en matière de fouilles archéologiques", explique-t-il. "On a souhaité interpeller le Conseil général (NDLR: le Département à la gestion du site de la Grande Chaloupe). Les familles ont des liens très proches avec les morts à la Réunion. On veut demander au Département que les fouilles soient plus respectées et plus respectables", ajoute-t-il.
Erik Murin prend pour exemple des cas similaires de fouilles où les découvertes ont été "subtilisées" aux Réunionnais. "Il y a eu des fouilles à Cilaos, à Sainte-Suzanne ou encore à Saint-Denis. Mais les Réunionnais n'ont pas eu de retour. Que sont devenus les ossements découverts ?", s'interroge-t-il.
Face à cela, le Kolektif Domoun préconise plusieurs solutions. Il souhaite inscrire les démarches de fouilles archéologiques dans un schéma cohérent d'ensemble, la mise en place d'une structure scientifique locale (composée des responsables associatifs, d'historiens, d'archéologues, de juristes, d’anthropologues...) ou encore l'ouverture d'une section archéologie à l'Université de la Réunion. "On souhaite une meilleure communication sur les fouilles et savoir ce qu'elles deviennent. C'est pour cela que nous avons fait plusieurs propositions en ce sens", précise Erik Murin.
Une demande d'audience a été envoyée au Département. En attendant le Kolektif Domoun se réuni ce lundi avec un archéologue réunionnais, Laurent Hoarau, pour qu'il accompagne leur démarche.


