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Plus de quartiers riches, mais aussi plus de quartiers pauvres qu’il y a 10 ans à La Réunion

L'Insee La Réunion-Mayotte vient de publier une étude portant sur la dynamique socio-économique des quartiers de La Réunion de 2008 à 2019. La situation de notre île progresse, mais inégalement. Les quartiers favorisés, tout comme les quartiers en grande difficulté, sont plus nombreux qu’il y a 10 ans.

Ecrit par 2341926 – le mercredi 07 décembre 2022 à 16H50

L’INSEE a réalisé une étude qui se place à l’échelle des 114 quartiers de La Réunion su la période 2008 à 2019. Ceux-ci sont répartis en cinq groupes selon le niveau d’emploi et de revenus de leurs habitants. Au cours de la décennie qui suit la crise économique et financière de 2008, la situation socio-économique de La Réunion progresse, avec notamment une hausse de l’accès à l’emploi et une baisse de la pauvreté.

Cette amélioration est la plus marquée dans les quartiers où l’habitat est moins dense qu’ailleurs, en majorité à l’Ouest et au sud de l’île, à l’image de Montvert les Hauts. Le niveau de vie des habitants y augmente fortement car ils sont de plus en plus nombreux en emploi, notamment sur des postes de cadre ou de profession intermédiaire. Parallèlement, l’habitat se densifie dans ces quartiers, avec la construction de nombreux immeubles, de logements sociaux en particulier.

 

De plus en plus de quartiers favorisés et de quartiers en grande difficulté

Entre 2008 et 2019, la situation socio-économique s’améliore globalement à La Réunion, mais les 114 quartiers n’évoluent pas au même rythme. Les deux tiers des 114 quartiers ne changent pas de groupe, car la progression en matière d’emploi et de revenus est proche de la moyenne de leur groupe.

L’accès à l’emploi s’améliore peu, voire diminue dans certains quartiers. En 2019, neuf quartiers rejoignent le groupe des quartiers identifiés comme en grande difficulté. Saint-André centre, Saint-André Mille Roches, Saint-Louis le Gol-Les Makes ou encore Saint-Pierre Ravine Blanche et Le Port Rivière des Galets figurent alors parmi les 19 quartiers dit en grande difficulté dans lesquels une majorité de la population vit en appartement.

En revanche, 23 quartiers rejoignent un groupe aux caractéristiques plus favorables grâce à une forte croissance de l’emploi et/ou des revenus de leurs habitants. Il s’agit principalement de quartiers qui étaient défavorisés et qui sont désormais plutôt favorisés.

Pour 16 autres quartiers, la situation s’améliore au contraire moins rapidement que la moyenne de leur groupe, voire régresse parfois, entraînant un déclassement. Une majorité de ces quartiers (9) font désormais partie des quartiers en grande difficulté, agrandissant ainsi ce groupe. De fait, en 2019, les quartiers favorisés et en grande difficulté sont plus nombreux qu’en 2008, ce qui contribue à creuser les écarts entre les quartiers situés aux deux extrémités de l’échelle des revenus. 

Une amélioration globale, qui bénéficie surtout aux quartiers éloignés des centres-villes

C’est dans les quartiers dits « défavorisés » et « plutôt favorisés » que l’amélioration de la situation économique est la plus marquée.
Ces quartiers sont plutôt éloignés des centres-villes, et se situent en majorité au sud et à l’ouest de l’île, au Tampon, Saint-Pierre, Saint-Paul et Trois-Bassins.

En 2019, leurs habitants sont plus souvent en emploi qu’en 2008, notamment sur des postes de cadre ou de profession intermédiaire. Dans ces quartiers, le niveau de vie des habitants augmente, et le taux de bas revenus baisse fortement.

Dans les quartiers les plus aisés, l’amélioration est plus modérée, mais ces quartiers sont dans une situation nettement meilleure que les autres, tant en 2019 qu’en 2008. En revanche, la situation stagne dans les quartiers plus proches des centres urbains, où la population vit majoritairement en immeuble. Il s’agit des quartiers dits  » en grande difficulté  » et  » vulnérables « .

La densification de l’habitat gagne les quartiers éloignés des centres-villes

De 2008 à 2019, à La Réunion, le nombre de logements augmente trois fois plus vite que la population, en lien avec le vieillissement de la population et l’évolution des modes de vie (mises en couple plus tardives, séparations, etc.).

Dans les quartiers plutôt éloignés des centres-villes, ainsi que dans les quartiers les plus aisés, la construction d’immeubles est particulièrement importante : ces quartiers se densifient.

Les quartiers éloignés de centres villes ne comptent que 13 à 17 % d’appartements en 2019, bien moins que dans les quartiers plus urbains, où cette part dépasse les 55 %.

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