Plaine des Palmistes : "L’avenir et la santé de nos enfants ne seront pas sacrifiés à l’autel de la maîtrise des charges"

Le mercredi 05 avril 2023, les parents palmiplainois ont découvert avec stupéfaction la composition du repas servi au collège Gaston CROCHET (entre autres du pain sec sans garniture et une bouteille d’eau). Cet incident a fait la Une d’un quotidien de la presse locale, faisant encore une fois de notre ville la risée du département.
Dans un contexte inflationniste, où chaque jour depuis plusieurs mois les familles subissent une hausse inconsidérée des prix et se sacrifient financièrement pour offrir à leurs enfants le confort nécessaire à leur éducation en payant notamment la cantine scolaire, force est constater une énième fois le manque de considération de la municipalité à leur égard et à celui des collégiens. Je m’associe pleinement à leur exaspération. Ils savent pouvoir compter sur mon action et sur ma détermination pour traiter cette question en conseil municipal et au-delà. Ces incidents répétés illustrent manifestement un pilotage défaillant de la distribution alimentaire au sein de nos établissements scolaires.
Je regrette, par ailleurs, que la colère légitime de certains parents ait pu ainsi rejaillir sur la communauté éducative ainsi que sur le personnel technique et administratif présents sur les lieux. Je tiens à leur apporter ici tout mon soutien face à cette injustice alors qu’ils se dévouent quotidiennement pour assurer le bien-être et la sécurité de nos marmailles !
Injustice, car c’est sur le personnel communal que l’on fait peser la responsabilité, le même personnel soumis à un mode de gestion des ressources humaines jamais vu dans notre commune, créant un climat de travail délétère et un réel mal être au travail.
Injuste enfin, car c’est bien la municipalité qui est seule responsable de cette situation calamiteuse ! En vertu d’une convention qui la lie au Département, elle est débitrice d’une obligation de résultat. Elle a failli à sa mission, encore une fois…
Dès que j’ai eu connaissance de ce méfait, j’ai saisi les services du Département afin que toute la lumière soit faite sur ces manquements répétés de la mairie. J’ai proposé qu’un audit soit réalisé dans les meilleurs délais afin que ces résultats soient ensuite débattus en conseil municipal, dans un souci de transparence et d’amélioration des services rendus à la population.
De surcroît, je m’interroge sur cette distribution de bouteilles d’eau en plastique qui a eu lieu en méconnaissance de la loi « Egalim » n° 2018-938 du 30 octobre 2018, laquelle en interdit désormais l’usage au sein de la restauration alimentaire collective depuis le 01 er janvier 2020. La municipalité semble ignorer ou feint d’ignorer le cadre réglementaire… J’espère que d’autres règles d’hygiène et de sécurité établies dans l’intérêt de nos marmailles ne soient pas transgressées.
L’article de presse en date du 07 avril 2023 suggère en filigrane une externalisation possible de la restauration scolaire après celle de la crèche (la mairie s’enorgueillit des 100 000 € d’économies réalisées entre 2023 et 2022 suite à l’externalisation de la crèche Garsany, mais à quel prix pour la sécurité de nos enfants et pour l’emploi?). Peut-on inscrire cet incident dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique de désengagement des services publics locaux soutenue activement par la majorité municipale depuis son arrivée aux affaires ? Je n’ose pas imaginer que ces incidents répétés aient été sciemment planifiés pour préparer les esprits à cette éventuelle privatisation qui pourrait dissimuler d’autres intérêts, et/ou qu’ils soient la conséquence des économies à réaliser au plus vite pour pallier la dégradation de nos finances locales.
En trois ans seulement, la capacité d’épargne nette de notre ville a ainsi diminué de 90 % et l’encours de la dette par rapport à la population atteint des niveaux rarement égalés pour une commune française de taille similaire. Les bases de la fiscalité directe locale ont dû être même élargies cette année pour compenser cette déliquescence financière.
A chaque conseil municipal, mon équipe de La Plaine des Possibles, interpelle, conteste cette trajectoire financière. Nos doutes et interrogations se vérifient désormais dans les faits et dans le quotidien des Palmiplainois.
De l’ordre de 401 000 euros en 2022, le budget consacré à l’alimentation a très timidement augmenté dans le budget primitif 2023 qui a été voté le jour même de l’incident. Tout un symbole !
Alors que l’inflation devrait encore se poursuivre cette année, cette hausse très marginale sera à l’évidence insuffisante et laisse entrevoir la possible répétition des mêmes incidents dans un avenir proche.
Mais, notre groupe politique n’acceptera jamais que la sécurité de nos enfants, tout comme celle des employés communaux servent de variable d’ajustement budgétaire dans la cadre d’une politique basée sur une gestion technocratique, désincarnée et déshumanisée.
L’avenir et la santé de nos enfants ne seront pas sacrifiés à l’autel de la maîtrise des charges à caractère général rendue inévitable du fait d’une gestion financière précipitée et hasardeuse, ou d’une décision de privatisation à venir qui susciterait le cas échéant bien des interrogations sur ses motifs réels. Nous y veillerons !
Sophie ARZAL
Groupe LA PLAINE DES POSSIBLES


