Pierrot Dupuy - Ma réponse au syndicaliste SNJ du Quotidien

Edouard Marchal, responsable du syndicat SNJ du Quotidien, s'est fendu d'une virulente diatribe à mon encontre dans un commentaire publié sous mon édito "Nijdam, le coucou qui aime faire son nid dans celui des autres". Un commentaire mêlé de mensonges et de contrevérités qu'il a ensuite reproduit, tout fier, sur sa page Facebook alors accessible à tout public. N'étant pas du genre à rester sans réagir quand on me cherche, je me suis fendu d'un long commentaire sous son post. Et là, surprise, peu de temps après, mon commentaire n'était plus visible. Celui qui s'est toute sa vie de syndicaliste battu contre la censure n'a pas hésité à y recourir dès lors qu'on lui disait ses quatre vérités. Puisqu'apparemment ma réponse lui déplait, je me dis qu'il est bon que le maximum de personnes puissent en profiter. C'est la raison pour laquelle je me permets de la publier ci-dessous :
D'abord sache que si nous n'avons pas révélé les noms de nos actionnaires, ce n'était pas dans un acte de défiance vis à vis des journalistes du Quotidien mais juste pour leur éviter de subir les foudres de Jacques Tillier dans ses éditos du samedi matin.
Je vais mettre tout de suite les points sur les i en ce qui concerne la soi-disant non-reprise des journalistes du Quotidien.
Nous avons dit dès le premier jour que nous aurions besoin de 30 journalistes minimum pour faire tourner le journal. Minimum car nous ne nous interdisons pas d'en embaucher davantage si le besoin s'en faisait sentir.
Quant au fait de ne pas reprendre les licenciés, ce n'est pas la peine pour nous de le répéter sans cesse puisque c'est une obligation légale.
Pourquoi tu ne le dis pas ?
Le fait que notre avocat ait dit à l'audience que nous pourrions ne pas le faire -tu remarqueras le conditionnel- c'était uniquement en réponse à l'argument du liquidateur qui disait qu'il pourrait s'agir d'une fraude aux AGS. Or l'avocat des AGS lui a répondu qu'il n'y avait aucune fraude et que les AGS paieraient. Il n'y aurait eu fraude que si nous avions fait signer des lettres d'embauche avant la liquidation. Ce qui n'a pas été le cas.
Pourquoi ne le dis-tu pas ?
C'est là que sur le ton de la boutade, notre avocat a répondu que si c'était vraiment un problème, la solution pourrait consister à n'en réembaucher aucun. Mais ça ne pouvait être qu'une boutade puisque, je le répète, la loi dit que les licenciés sont prioritaires à l'embauche.
Pourquoi dans ce cas continuer à avancer cet argument ?
Peut-être parce qu’avec les autres syndicalistes du SNJ, vous avez un intérêt personnel à ce que ce soit Henri Nijdam qui reprenne le Quotidien. Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que toi et les deux autres syndicalistes, vous êtes convaincus que nous ne vous reprendrons pas. Ce qui serait une catastrophe à titre personnel pour vous. Olivier D. par exemple peut espérer toucher 135.000€ en faisant jouer sa clause de cession. Alors que les AGS plafonnent leurs versements à 90.000€.
Et il en est de même pour les autres syndicalistes qui cumulent le plus d'ancienneté dans l'entreprise et dans la profession et qui donc seraient ceux qui perdraient le plus dans le plafonnement effectué par les AGS.
On comprend mieux dans ces conditions pourquoi vous vous acharnez autant à manipuler vos collègues pour qu'ils se prononcent pour Nijdam. Les pauvres ne découvriront la manip que trop tard…
Quant aux accusations de Jean-Louis R. et Thierry D. concernant les patrons de presse, je ne jugerai pas les autres. Je ne peux parler que de ce que je connais et tout ce que je peux dire c'est que les salariés de Zinfos sont heureux. Et je crois savoir qu'ils vous le disent régulièrement quant ils vous croisent sur le terrain. Demandez ce qu’ils en pensent à vos anciens collègues du Quotidien qui travaillent maintenant à Zinfos...
Pour information, ils ont tous été augmentés de 10% au 1er janvier 2023. Au mois de juillet de la même année, tous les bas salaires ont été fortement augmentés. Et je viens de leur faire bénéficier des chèques restaurant depuis le 1er janvier. Et cela sans qu'il soit besoin d'un syndicat. Ni même qu'ils le demandent. Les salariés ont consenti de gros efforts quand les temps étaient difficiles. Nous avons tous été solidaires, même quand ils étaient payés en retard. Il est normal qu'ils en soient récompensés le jour où les affaires vont mieux.
Je ne connais pas beaucoup de patrons, de presse ou autres, qui en font autant.
Quant à les remplacer par de l'intelligence artificielle, non seulement je n'en licencie aucun mais j'en embaucherai un supplémentaire cette semaine. Et deux autres avant la fin du trimestre.
C’est facile de critiquer les patrons de presse. Vous allez tous toucher un gros chèque suite à vos licenciements. Pourquoi ne faites-vous pas comme moi et ne l'investissez pas dans un nouvel organe de presse. On verra bien alors quels genres de patrons de presse vous serez.
Je pourrais en dire encore beaucoup mais ce sera tout pour le moment. Je ne supporte plus vos manipulations et vos mensonges.
Maintenant tout le monde a une vision complète du dossier.
PS : Ce n'était pas dans mon commentaire initial mais maintenant que j'ai pris la plume, pourquoi m'arrêter en aussi bon chemin ?
Drôles de syndicalistes qui privilégient un projet qui n'apporte que 500.000€ (et encore, en compte courant), alors que nous mettons sur la table environ 1,5 million en capital. Qui préfèrent un actionnaire largement majoritaire qui pourra imposer ses vues aux journalistes alors que nous avons pour notre part pris bien soin d'éclater le capital entre 15 actionnaires différents, tous à égalité, ce qui évitera à l'un d'entre eux de se prendre pour le roi de la presse à La Réunion. Qui de plus auront tous signé un pacte dans lequel ils s'engagent à ne jamais chercher à faire pression sur les journalistes, au risque de se faire exclure de la société. Qui privilégient un projet sans moyen d'imprimer le journal alors que nous disposons d'une des imprimeries les plus modernes d'Europe. Etc, etc...
Au vu de ce que j'ai expliqué plus haut, j'espère que vous comprenez mieux...
Enfin, comment ne pas évoquer l'affirmation selon laquelle ce sont les journalistes de Zinfos qui rempliraient les colonnes du Quotidien. J'ai dit à plusieurs reprises que ce ne serait pas le cas et je m'étonne qu'Edouard Marchal puisse reprendre pour la énième fois cette accusation. Ce n'est pas parce qu'on répète cent fois le même mensonge que ça en devient une vérité. Soit Edouard Marchal est de mauvaise foi, soit il n'écoutait que d'une oreille à l'audience quand Alfred Chane Pane a déclaré que les journalistes de Zinfos pourraient "accompagner" les nouveaux arrivants au Quotidien. Pas question donc d'écrire dans le journal. Et cette aide ne pourrait se prolonger au delà de quelques jours.
Pas question pour moi de faire pression sur les juges puisqu'à l'heure où j'écris ces lignes, le jugement a déjà été rédigé et transmis au greffe pour remise en forme. Mais quelque soit le jugement rendu, je tenais à ce que ces points soient clairs pour tout le monde.


