[Pierrot Dupuy] Les prochaines campagnes électorales risquent d’être sales…

J’ai rencontré hier matin la responsable d’une agence de communication mauricienne de passage à La Réunion.
Au cours de la discussion, nous en venons à évoquer la situation politique à l’ile Maurice et elle me lâche, au détour d’une phrase, que les dernières élections dans l’ile sœur se sont jouées sur les réseaux sociaux.
Il me revient alors plusieurs choses à l’esprit…
D’abord, que tel avait aussi été le cas aux Etats-Unis pour l’élection de Donald Trump. Avec une véritable inondation de fake-news, vous savez, ces fausses infos volontairement distillées et reprises à l’infini sur les réseaux sociaux.
Inutile de vous dire qu’il ne s’agit pas en l’occurrence de poèmes à l’eau de rose. Non, on touche au sordide, à la diffamation, aux attaques sur la vie privée et aux informations totalement inventées mais auxquelles les électeurs, avides de sensationnel, n’aspirent qu’à croire.
C’est ainsi qu’il est aujourd’hui avéré que des pays étrangers, essentiellement la Russie mais aussi apparemment la Chine, ont déversé des milliers de fausses informations qui ont modifié le cours de l’élection présidentielle américaine et permis l’élection de Donald Trump. Alors que tout le monde voyait Hillary Clinton élue…
Si le phénomène a touché Maurice, il n’y a aucune raison pour qu’il n’arrive pas jusqu’à La Réunion, sachant que l’on est à la veille d’élections capitales : municipales d’abord, puis régionales.
Apparemment, certains camps commencent déjà à affuter leurs armes. On voit apparaitre depuis quelques jours des caricatures représentant le président de Région et sa femme, d’un humour plus que douteux.
Espérons qu’on en restera là et qu’on ne verra pas apparaitre, bientôt, dans les différents camps, de véritables boules puantes, comme on les surnomme dans la profession, faites d’informations totalement inventées, comme ça s’est produit aux Etats-Unis, histoire de faire perdre son adversaire. Sinon, on risque fort d’assister à une des campagnes électorales les plus sales de l’histoire de notre ile.
Il me revient à l’esprit par exemple une succession de fake-news qui s’est propagée à la vitesse de la poudre aux Etats-Unis. Un petit malin a accusé un des candidats au poste de sénateur d’être un pédophile. L’histoire était très documentée et s’apparentait à un véritable feuilleton avec des rebondissements réguliers.
Les faits étaient censés s’être déroulés dans l’arrière salle d’une pizzéria, avec la complicité du patron du restaurant. Et bien évidemment, pour rajouter encore un peu de piment, l’auteur anonyme racontait qu’Hillary Clinton en personne avait participé aux orgies avec des mineurs.
L’histoire avait fait le tour de la région, mais avait fini tragiquement. Un amateur d’armes, un peu plus malade du cerveau que ses congénères, avait pris son fusil, était descendu jusqu’au restaurant et avait abattu le propriétaire.
Pourtant, tous les journaux sérieux du pays avaient mené l’enquête avant le drame et avaient prouvé, par a+b, que tout était faux.
Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ! Ou que celui qui a envie de croire ce qu’il lit.
Un conseil donc : réfléchissez à deux fois quand vous verrez une information sur Facebook. Regardez de quel site ça vient, renseignez-vous. Faites jouer votre esprit critique et ne gobez pas le premier canular venu. Pensez à ce qui est arrivé aux Etats-Unis…


