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[Pierrot Dupuy] Emmanuel Macron finalement plus inquiétant que rassurant

Ecrit par zinfos974 – le lundi 29 avril 2019 à 07H05

?? [Pierrot Dupuy] Emmanuel Macron finalement plus inquiétant que rassurantDifficile de ne pas revenir en ce lundi matin sur les déclarations d’Emmanuel Macron, jeudi soir…

Avec le recul, force est de reconnaitre que nous sommes restés sur notre faim.

Dès le début de son intervention, le président de la République a commencé par fermer quelques portes. Non, il n’y aura pas de référendum d’initiative citoyenne, même s’il a accepté l’idée d’élargir le référendum d’initiative populaire déjà existant en abaissant son seuil de déclenchement à 1 million de signatures.

Non, il n’y aura pas de reconnaissance du vote blanc, pas plus que de vote obligatoire. Ses arguments peuvent se défendre. Mais là n’était pas l’essentiel.

Très vite, on est ensuite passé à des décisions qui pèsent lourd. Quelques milliards. 

Ainsi, le président a annoncé qu’il renonçait à son objectif de réduire de 120.000 le nombre de fonctionnaires. Dès le lendemain, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin précisaient la pensée du chef de l’Etat : maintien de l’objectif de suppression de 70.000 postes chez les fonctionnaires territoriaux (mairies, régions, départements, etc…), et réduction de seulement 20 ou 30.000 postes dans la fonction publique d’Etat, au lieu des 50.000 prévus initialement. 

Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une dépense supplémentaire pour l’Etat. Comment va-t-on faire pour la financer ? Pas de réponse de ce côté-là pour le moment.

De même, le président de la République a annoncé qu’il souhaitait réduire l’impôt sur le revenu pour les Français « qui travaillent ». Cette fois, la facture s’élèvera à 5 milliards d’euros. Sans vraiment préciser où il les trouvera. Tout juste sait-on qu’il envisage « la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique ». Un peu vague, convenons-en…

Le chef de l’Etat a aussi évoqué la suppression de certains « comités ou organismes inutiles » et un allongement de la durée de cotisation pour les retraites avec la mise en place « d’un système de décote qui incite à travailler davantage, mais sans forcer tout le monde ». Ni très précis, ni très rassurant…

Enfin, le chef de l’Etat a annoncé sa volonté de réindexer les retraites sur l’inflation. Coût : 1,4 milliard d’euros… 

Alors, je veux bien que la constitution de la Vème République veuille que le président de la République ne soit là que pour donner les grandes orientations et qu’il revienne au chef du gouvernement, c’est-à-dire au 1er ministre, de décliner la feuille de route présidentielle. Ce qu’Emmanuel Macron a traduit par un : Je suis « là pour donner un cap ». 

Il n’empêche. Ce discours était censé apporter des solutions fortes, susceptibles de calmer les Gilets jaunes. On ne peut pas dire que de ce côté-là, ce soit gagné.

Il devait aussi marquer un tournant dans le quinquennat, en redonnant aux Français de nouvelles perspectives pour les années à venir. Pas sûr qu’ils aient plus de certitudes, en ce début de semaine, sur la direction dans laquelle le président de la République souhaite les emmener.

La réduction du nombre de fonctionnaires et du déficit public, deux des piliers du programme d’Emmanuel Macron, semblent abandonnés. Et beaucoup d’interrogations subsistent quant à la façon de financer le déficit. On sent confusément que les promesses de réduction des dépenses de l’Etat ne seront pas tenues. Ne resteront alors que le recours à l’emprunt et l’augmentation des impôts. Rien de rassurant…

 

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