PGHM et SMUR: Une perte de chance pour les victimes?

Selon le décret du 12 mai 2006 une équipe SMUR se compose d'un médecin, d'un infirmier et d'un pilote ou ambulancier. Il faut savoir qu'actuellement au SMUR de Saint-Denis, et aussi ailleurs, la place des paramédicaux (infirmiers et ambulanciers) est mise à mal par une organisation qui volontairement les met à l'écart de certaines interventions notamment les "héliportées médicalisées" se déroulant en montagne, et plus récemment des intervention du GIPN (Groupe d'intervention de la police nationale).
Aussi, pour pallier l'absence d'un infirmier au sein de l'équipe de secours en montagne, les secouristes du PGHM se voient "formés" au cours d'un passage éclair aux urgences du CHD Félix-Guyon. Sur cette journée on leur fait survoler différentes techniques dans le but de remplacer l'infirmier manquant, d'assister tant bien que mal le médecin.
Outre la question de la philosophie d'un tel système (où l'on réalise le mépris flagrant des compétences d'un infirmier smur), peut-on cautionner l'exercice illégal de la profession d'infirmier par des secouristes du PGHM? Qu'en pensent les instances ordinales à ce sujet?
Ceci n'est pas une remise en cause de leurs compétences de secouristes rodés aux intervention en montagne: elles sont indéniables et indispensables. Mais la particularité des interventions SMUR est leur risque d'évolution rapide défavorable: Il n'est pas sérieux de penser qu'un médecin seulement assisté de secouristes puisse conditionner un patient dans un état critique ou parer seul à son aggravation.
Il s'agit là d'une irresponsabilité majeure et d'une réelle perte de chances pour le patient pris en charge. Des réanimations d'arrêt cardio-respiratoires ont ainsi été par le passé gérées par un médecin seul alors que qu'une équipe SMUR complète était disponible! On a pu aussi constater l'impossibilité par un médecin de perfuser un blessé dans un canyon (heureusement des infirmiers présents sur place ont pu l'aider)...
Mépris encore dans l'éviction des paramédicaux des interventions GIPN, nouveauté 2011, qui dans un premier temps devaient participer à ce plan d'intervention, car le Préfet souhaitait le partenariat SMUR/GIPN. Mais qui finalement se retrouvent encore une fois dénigrés dans leur compétences et savoir-faire.
Nous souhaitons d'une part informer la population réunionnaise de ces dérives qui mettent en cause sa sécurité légitime, d'autre part alerter et mettre en lumière ce qui a été pointé par un récent audit de la Société Française de Médecine d'Urgence: un climat institutionnel exécrable au sein des urgences et du SMUR, qui ne semble pas sur la voie d'un apaisement.
Des smuristes Dyonisiens


