Peur Bleue
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Jamais l'exil n'a corrigé les rois. Nous faisons des erreurs et au lieu de les corriger nous nous entêtons. Ainsi, dans la gestion du vivant, l'effet de nos armes chimiques se révèlent à long termes plus maléfique que bénéfique. Il en est de même dans la lutte biologique : on a introduit le martin pour lutter contre les sauterelles, mais il a préféré s'en prendre au potager et l'époque de son introduction fut celle de la disparition de la huppe de Bourbon ! On a introduit l'escargot rose pour lutter contre le gros escargot d'Afrique, mais il préfère les petits gastéropodes endémiques, goût partagé par les crapauds, introduits eux pour lutter contre les moustiques... Aujourd'hui c'est la filière apicole qui est gravement menacée par la mouche bleue. Il semble bien que toutes les conséquences créées pas l'introduction de cet insecte n'aient pas été suffisamment répertoriées et examinées. Il convient donc que les instances responsables reconnaissent cette erreur et prennent les mesures qui s'imposent pour la corriger avec la plus grande célérité, car malheureusement jusqu'à présent, si nous avons été capables de faire disparaître à tout jamais de l'île et de la planète quantité d'espèces endémiques, nous n'avons pas été capables d'en débarrasser les pestes introduites !
Il convient peut-être maintenant de réfléchir à revenir à un autre moyen que la lutte chimique ou biologique, la lutte manuelle tout simplement. Il fut un temps où tout le monde ne jurait que par les emplois verts. Malheureusement ils sont en train de devenir, eux aussi, des espèces disparues. En ces temps de crise, l'Etat et les collectivités ont d'autres priorités... mais on peut se demander si ce sont les bonnes.
Jean-Pierre Espéret


