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Petite-Île : Harcelée depuis deux ans, une famille au bout du rouleau

Une famille de Petite-Île est harcelée depuis près de deux ans par un couple de jeunes. Malgré plusieurs plaintes, rien ne bouge. Totalement épuisée moralement, la mère de famille assiste impuissante à une escalade de provocations qui implique ses enfants. En désespoir de cause, elle décide de témoigner de son calvaire avant qu’un drame n’arrive.

Ecrit par – le lundi 22 novembre 2021 à 11H34

« On est tous mal, on est à bout. On ne peut plus continuer ainsi », se désespère Corinda. Depuis deux ans, sa famille est la cible d’un jeune couple qui a décidé de lui faire vivre un enfer. Un objectif malheureusement atteint. Pourtant, rien ne laissait présager que cette famille tranquille allait se retrouver dans une telle situation.

Tout débute fin 2019 quand son fils cadet, d’environ 18 ans, rencontre une jeune fille. Très rapidement, la famille prend conscience que la jeune fille a entamé cette relation pour embêter son ex. « Elle poussait mon fils à aller à l’affrontement avec son ex. On a tout fait pour que rien ne se passe », explique Corinda. Finalement, l’amourette ne dure que deux mois et la demoiselle s’affiche avec son ex dès le lendemain de la rupture.

De quoi mettre fin à l’histoire ? Certainement pas.

« Une déferlante de méchanceté »

De nouveau ensemble, le couple décide de se retourner contre le fils cadet de Corinda, mais pas seulement. Son fils aîné, qui n’est pas impliqué, se voit également provoqué par le couple et leurs amis. « À partir de la rupture, ça a été une déferlante de méchanceté. Mon fils aîné, qui n’a rien à voir, se faisait provoquer », explique-t-elle.

Corinda se dit que tout va finir par s’arrêter, mais rien ne fait et l’année 2020 voit encore les deux jeunes gens provoquer la famille. Mais ce n’était encore que le début. Car le couple infernal est bien décidé à passer à la vitesse supérieure en 2021.

Durant le couvre-feu, le couple se rend en surplomb de la maison familiale pour jeter des bouteilles vides et provoquer des bagarres. Même le voisinage se retrouve victime des débris de verre.

Ils perturbent des funérailles

Peu de temps après cet épisode, la belle-mère de Corinda décède. Lors des funérailles, le couple et leurs amis se rendent devant l’église pour perturber la cérémonie. « Malgré la douleur et la colère, on a essayé de rester digne et de ne pas répondre », souligne-t-elle, émue.

En juillet, la voiture de Corinda est détériorée. Si les dégâts sont mineurs, la peur commence à grandir pour la mère de famille, qui sent sa santé décliner. Surtout, elle doit canaliser la colère de ses fils qui veulent en découdre.

En allant déposer plainte à la gendarmerie pour les dégradations du véhicule, elle souhaite également porter plainte pour harcèlement. Elle assure que le gendarme présent ne voulait prendre que la plainte pour le véhicule, lui suggérant de voir plus tard pour le reste.

En octobre, un nouveau véhicule familial est abîmé. Cette fois, c’est l’intervention d’un voisin en pleine nuit qui stoppe les casseurs. Corinda affirme que le voisin lui a bien dit que sa voiture était visée. Son fils va porter plainte.

Surtout, la famille réussit à mettre la main sur des vidéos du couple sur les réseaux sociaux où ils menacent la famille de les attaquer et de s’en prendre à leur voiture. Elle envoie évidemment la vidéo aux gendarmes. Mais toujours aucune nouvelle.

Peur que le pire arrive

Il y a une dizaine de jours, Corinda comprend qu’un drame pourrait finir par arriver si elle ne réagit pas très vite. Alors que l’ensemble de la famille se réunit à Grand-Bois pour pique-niquer, le couple passe en voiture devant eux. Ils reviennent une deuxième fois et s’arrêtent pour filmer la famille.

Une provocation de trop pour les enfants qui, accompagnés de plusieurs membres de la famille, courent vers la voiture du couple. Ceux-ci partent en les insultants. Corinda fait alors un malaise et est évacuée vers le CHU. Elle doit à présent suivre un psychiatre.

En voyant leur mère dans cet état, ses enfants ont voulu aller régler le problème vendredi soir. Les gendarmes sont intervenus pour empêcher la situation de dégénérer. Une intervention des forces de l’ordre qui apparaît à Corinda aussi amère que salutaire. « Quand nous appelions les gendarmes, ils ne venaient jamais. Dès que c’est eux qui appellent, ils viennent », regrette-t-elle.

« J’ai l’impression d’être dans un film. Je n’ai plus de force, je suis très fatiguée. Je ne veux pas vivre comme ça. Pour les gendarmes, on vit quelque chose de banal, mais ça fait 2 ans maintenant. Aujourd’hui, j’ai peur du week-end », lâche-t-elle des sanglots dans la voix. Elle voit également son fils se sentir coupable de la situation pour avoir ramené cette fille.

Corinda veut alerter avant que le point de non-retour soit atteint et souhaite que tout soit arrêté avant qu’un drame n’arrive. Elle espère que son cri de détresse sera entendu par ceux qui vivent des situations similaires. « En ce moment, il semble que le harcèlement soit la grande cause nationale. J’aimerais que ce soit le cas, car on se sent seul », conclut-elle en espérant être entendue.

 

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