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Pêche illégale : Les braconniers ont été condamnés

Le tribunal correctionnel de St-Pierre s’est, ce mardi, penché sur plusieurs affaires de pêche illégale. Une audience au cours de laquelle, le représentant de la société a martelé la nécessité de préserver les ressources pour les générations futures.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 16 septembre 2020 à 09H09

Jean-Pierre, 51 ans, a appris à pêcher avec son frère. Mais les pratiques d’antan n’ont plus leur place à l’heure où la ressource n’est plus aussi abondante. Le 17 octobre 2018, parti de Cilaos, le pêcheur a été pris en flagrant délit dans le Bras de la Plaine. L’homme a monté un barrage avec des bâches et des roches dans le lit de la rivière du coté de l’Entre-Deux. Les gardes-pêche l’ont surpris avec 124 cabots bouches rondes, des bichiques adultes interdits à la pêche. Afin de s’assurer des prises abondantes qui n’ont rien de miraculeuses, Jean-Pierre a également utilisé du cassis marron, une plante qui a pour effet d’assommer les poissons. Ce jeudi, le quinquagénaire aurait pu éviter de se présenter devant le tribunal si il s’était rendu à un stage sur la préservation de l’environnement mais "trop loin de Cilaos", a-t-il expliqué.

"Si tout le monde fait comme vous, vous pensez que l’on va pouvoir continuer à manger des caris bichique", l’a tancé le vice-procureur, Benoit Benard, en plus de lui rappeler le danger que constitue le plastique sur l’environnement. "S’adonner à sa passion de la pêche est possible lorsque l’on adopte un comportement durable et responsable", a-t-il ajouté. 

Jean-Pierre a été condamné à 1 000 euros d’amende dont la moitié avec sursis. 

 

La pêche illégale est également préjudiciable pour les récifs coralliens. Dans la nuit de 18 avril 2019, Nathael, pêcheur depuis tout jeune, a été interpellé par les gardes de la Réserve Marine à St-Leu.  Son butin : 24 kg de perroquets et des langoustes dont certaines avec des oeufs. Le braconnier d’une trentaine d’années s’est, cette nuit-là, rendu coupable de pêche en quantité supérieure à celle autorisée, de surcroit dans une zone renforcée de la Réserve marine, de nuit, le tout en récidive. Son matériel a été saisi et les toutes les prises récupérées étant déjà mortes ont été transmises à la cellule locale de l'IFREMER pour études. Si Nathael a tenté d’abord de se justifier en déclarant qu’il n’avait plus rien à manger, il a rapidement avoué pêcher pour sa consommation personnelle et la vente. "Ce serait cher payé de finir à la Cayenne pour des poissons et des langoustes", l’a prévenu une dernière fois le vice-procureur. Pour ces délits, le braconnier a été condamné à 3 200 euros d’amende, la confiscation du matériel saisi et l’interdiction de pêcher durant 5 ans. Le tribunal a également ordonné l’affichage de la décision à la mairie de St-Leu dans un délai de 2 mois. 

Des langoustes plein le frigo...

Daniel a lui aussi tenté d’attendrir la présidente du tribunal correctionnel en expliquant que ses prises n’étaient destinées qu’à "remplir son frigo de petits sachets pour tenir l’année". Avec 36 langoustes pêchées le 19 janvier dernier à St-Joseph, ses propos n’ont évidemment pas convaincu. Le quadragénaire au RSA, ancien militaire, a prétexté ne pas connaitre la période d’interdiction de pêche et de vente de langoustes. Celle-ci s’étend du 1er décembre au 31 mars inclus en raison de leur reproduction. Le père de famille n’a revanche pas hésité sur le prix à la vente des langoustes, mets délicats très appréciés en période de fêtes: 45 euros le kilo à St-Gilles, 35 euros dans le sud, avait-il déclaré lors de son audition par les gendarmes. Il a écopé de 3 000 euros d’amende dont 2 000 avec sursis et l’interdiction de pêcher durant 5 ans. 

Le dernier pêcheur poursuivi durant cette audience a lui été relaxé. Serge, 62 ans ancien pêcheur professionnel à St-Gilles, a été intercepté du côté de St-Leu en pleine nuit du 2 février 2018 dans une embarcation dans une zone interdite à la pêche. Difficile de se repérer quand les balises emportées depuis le passage de Bejisa (fin d'année 2013) n’ont toujours pas été remplacées faute de moyens. 3,5 kilos de poissons avaient été retrouvés en sa possession. L’ancien pêcheur professionnel ne remet pas en cause l’existence de la Réserve Marine mais a profité de son procès pour s’exprimer et proposer sa solution contre la ressource en baisse : "pourquoi est-ce si difficile de faire des écloseries et des relâchers?"

 

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