PCR: "Najat Vallaud-Belkacem est venue en tant que VRP du gouvernement"

"Le bilan n'est pas long à faire. Elle (ndlr : Najat Vallaud-Belkacem) est venue, comme d'autres avant, en tant que VRP du gouvernement pour vendre les emplois d'avenir", explique en introduction Fabrice Hoarau. Entouré par Faïza Ibrahim et Yvan Dejean, il s'est montré critique envers la porte-parole du gouvernement. "Elle n'a pas dit grand chose", lâche-t-il. Une visite qui laisse amère les cadres du PCR d'autant que la Réunion a connu ces dernières semaines des événements sociaux conséquents dans plusieurs communes de l'île.
"Il y a six mois, Elie Hoarau a écrit à François Hollande pour évoquer la situation sociale de la Réunion avec le risque de déboucher sur des troubles sociaux. Ce qui devait arriver, arriva", ajoute-t-il. "On est sur le terrain tous les jours et on voit le climat social se dégrader avec le chômage et les jeunes en attente d'un emploi. La victoire de François Hollande et des députés de gauche a créé de l'espoir dans les foyers réunionnais. Mais aujourd'hui on assiste à un débordement et il n'est pas bon de sous-estimer ces mouvements", souligne Fabrice Hoarau.
Concernant les emplois d'avenir, il rappelle que le coût pour les collectivités est toujours trop important. "Tous les intéressés ont des réticences. A Paris, au congrès des Maires, on nous avance que le coût sera de 355 euros et aujourd'hui il est de 550 euros. Cela représente 30 millions d'euros à trouver pour la Réunion", explique-t-il. "Najat Vallaud-Belkacem a entendu les revendications des élus locaux pour la prise en compte de la charge résiduelle. Elle nous a certifié qu'elle remontrait la demande au gouvernement. On verra quel sort nous sera réservé", argue-t-il sans trop y croire.
Une taxe régionale sur les jeux d'argent
Face aux non-propositions du gouvernement, le PCR abat ses cartes une nouvelle fois. "Je ne suis pas là pour faire un catalogue, mais il faut donner un signal fort à la jeunesse (…). Il ne faut pas cracher sur les emplois aidés qui sont une réponse à une situation de crise sociale", explique Yvan Dejean. Pour lui, pas question que l'Etat ne fournisse pas le même quota qu'en 2012 pour les contrats aidés de l'année 2013. "Il faut 26.400 contrats aidés", rappelle-t-il. Sur la durée des contrats et de nouveau la possibilité pour les collectivités de les conclure pour une durée de six mois, le PCR se dit favorable. "Mieux vaut un contrat de six mois plutôt que 12 mois. Alors oui, il y a de la précarité, mais cela répond à l'urgence sociale", précise Fabrice Hoarau. Sur les contrats aidés, le PCR rappelle la nécessité de créer un organe "transparent" et "indépendant" pour gérer leur attribution. "On mettra fin au clientélisme électoral", souligne Yvan Dejean.
Autre idée avancée, la création d'un fonds réunionnais de développement. Comment l'alimenter ? Le PCR voit dans la manne des jeux type "Française des jeux" une possibilité de prélever une partie des "317 millions d'euros" dépensés par les Réunionnais chaque année. "Imaginez si la taxe régionale sur les jeux était appliquée. On pourrait souscrire un emprunt de 5 milliards d'euros sur les 30 prochaines années avec une annuité de 30 millions d'euros. C'est une piste sérieuse pour s'en sortir", souligne Fabrice Hoarau.
Après cette visite gouvernementale, le PCR réclame la venue d'une mission gouvernementale pour définir les "urgences" à prendre en matière de décisions. "Tous les ingrédients sont réunis pour que ça pète à nouveau", rappelle en guise de conclusion Yvan Dejean.


