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Patrick Karam (UMP): "Victorin Lurel remet l'Outre-mer en marche"

L’hommage appuyé du ministre des Outre-mer Victorin Lurel à Hugo Chavez a créé un malaise au sein de la classe politique française. Alors que certaines voix UMP appellent à la démission du ministre, en charge de représenter la France aux obsèques du président du Vénézuela, un écho discordant apparaît. Originalité cette fois, ce soutien vigoureux vient de droite par le biais de Patrick Karam, conseiller politique de l'UMP et conseiller régional d'Ile-de-France. Il en profite pour égratigner une nouvelle fois Marie-Luce Penchard.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 11 mars 2013 à 18H02

Pourquoi apportez-vous votre soutien à Victorin Lurel ?

Patrick Karam : Certes, c'est un ami mais on n'est pas du même camp politique. Victorin Lurel rend un service extraordinaire à l'Outre-mer alors qu'il est en place que depuis peu de temps. J'aurais aimé, du temps de Sarkozy, que l'Outre-mer bénéficie d'un ministre tel que Victorin Lurel. Ses déclarations au Vénézuela : vous croyez que c'est ce qui compte ? Les ultra-marins s'interrogent sur la cherté de la vie, sur les problèmes de logement. De tout le reste, ils n'en ont strictement rien à faire. Je crois que les personnes qui demandent la tête du ministre se servent d'une ligne dans un discours pour régler des comptes. Qu'est-ce qu'il a dit de choquant ? Absolument rien, si l'on écoute très clairement ses propos. Hugo Chavez a été élu, réélu plusieurs fois et il est aimé de son peuple.

Huguo Chavez était-il un dictateur soft ?

L'UMP, le PS, une fois au pouvoir, ont tous eu à discuter avec des pays dont le régime politique posait question. Il y a un proverbe africain qui dit que lorsque l'on grimpe à un cocotier, il faut voir si l'on n'a pas les fesses sales. Si la France ne devait discuter qu'avec des pays amis, elle discuterait avec peu de pays.

Votre remarque sur l'Outre-mer qui s'en porterait mieux si Victorin Lurel avait été ministre de l'Outre-mer sous l'ère Sarkozy est une pique adressée à Marie-Luce Penchard. Cela vaut-il également pour Yves Jego ?

Yves Jego n'a pas eu le temps d'appliquer ses mesures. Mais l'Outre-mer aurait gagné à avoir Lurel après les Etats généraux qui devaient redonner un souffle à nos territoires. Et la personne qui était aux commandes n'a pas su apporter du concret à cet outil intéressant qu'étaient les Etats généraux.

Votre déclaration d'amour vis-à-vis de Victorin Lurel risque d'être mal vue par vos collègues de l'UMP ?

Ca m'est complètement égal. "L'intérêt général avant l'intérêt partisan", c'est l'idée qui a été celle de Nicolas Sarkozy. Je dis à mes collègues de l'UMP : halte au feu ! Ce n'est pas le moment de faire de la politique stérile. Les Français attendent de l'opposition qu'elle ait un rôle à jouer, mais pas comme cela en allumant des querelles politiciennes. On n'a pas le temps de se battre sur des sujets futiles. A force de réagir comme ça, on va écoeurer la population qui nous attend sur d'autres sujets. Je vais vous dire, les politiques qui ont réagi l'ont fait simplement pour qu'on parle d'eux dans une ligne AFP.

Certains appellent pourtant à la démission du ministre...

Si ces personnes continuent, je vous promets que nous sommes prêts, avec des associations, à aller manifester contre ces personnes qui demandent sa démission.

Bien que vos rapports soient hostiles avec la Guadeloupéenne Penchard, ce n'est pas votre fibre locale de Guadeloupéen qui vous fait défendre Lurel cette fois ?

Mes cousins sont en effet en Guadeloupe. Mais lorsque j'ai été délégué interministériel (pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, ndlr), mes premières mesures ont été pour les Mahorais et les Polynésiens.

Il a été reproché, vu de la Réunion, à Victorin Lurel, d'avoir appuyé des Antillais à des postes clés comme celui, récent, de la préfète de Guadeloupe qui est Guadeloupéenne...

Ca se sait moins, Gilbert Payet, un Réunionnais, vient d'être nommé préfet des Vosges. On ne parle pas de ces cas précis parce que le ministre n'en parle pas. Et pourtant, Gilbert Payet, en tant qu'ancien conseiller au cabinet de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, et donc plutôt classé à droite, a été appuyé par le ministre Lurel, alors même que de nombreux autres préfets de sensibilité de gauche attendent toujours d'être nommés. Victorin Lurel a aussi donné la priorité à deux Réunionnais : Vlody (rapport sur l'octroi de mer, ndlr)  et Lebreton en charge d'une mission sur l'emploi local. C'est décisif ! Alors que tout avait été bloqué par Penchard à l'époque dès lors que l'on avait tenté de pousser des candidatures ultra-marines. J'ai démissionné à cause de ça. Mais je ne manquerai pas de le redire lors des municipales... Lurel remet l'Outre-mer en marche. Dans la problématique de la vie chère, il combat contre les lobbies des multinationales. On n'acceptera pas sa démission.

 

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