Pas un problème de requin, mais de la pratique du surf

A chaque fait divers qui concerne une attaque de requin, les media paresseux nous ressortent toujours le même discours depuis 20 ans : on a .r Jerry qui vient dire que c’est un requin bouledogue. Il est aux attaques de requins ce que Jean-Marc Sylvestre a été sur le thème de l’économie pendant un temps: "l’esspessialiss". Unique, sa pensée devient donc universelle. La presse nous fait un récapitulatif actualisé des accidents depuis 30 ans et pour se donner bonne conscience, lance les suggestions les plus irrationnelles d’interdiction ou d’infrastructure coûteuses car à la Réunion on a adoré les "projets du siècle". On s’en est amusé jusque-là. Mais quand la mairie de Saint-Paul en vient à surenchérir la démagogie de la mairie de Saint-Leu en matière d’interdiction de baignade et d’activité nautique cela ne fait plus rire.
La surenchère démagogique n’est pas terminée : On a l’Institut de Recherche et Développement (IRD) qui déclare sur RFO qu’il faut étendre à la baignade, l’interdiction préfectorale valable depuis 2008 de pratiquer le surf au coucher et au lever du soleil. Sur Antenne Réunion, c’est le Jerry en question qui plaide gros doigt pour qu’on débloque des subventions pour son association "Squalidé". On sait ou cela va nous mener puisqu’on a déjà les exemples d’associations comme Vie Océane et Globice qui font régulièrement de la communication pour appuyer leur demande de subvention à la DIREN. Non seulement ces plaisanciers malins financent leur loisir avec de l’argent public, mais, cerise sur le gâteau, arrivent à convaincre les autorités administratives de leur accorder des passe-droits pour les interdictions qu’ils font établir avec dérogations pour les sanctuaires de la réserve marine, dérogations pour la plongée de nuit interdite, dérogations pour l’approche les baleines de près). On a exactement le même grignotage des libertés avec les accompagnateurs en montagne qui veulent obtenir le monopole sur les éruptions volcaniques et l’accès aux tunnels de lave.
Il y a pourtant un hic. Lorsqu’on exclue des statistiques les attaques de requin qui concernent les surfeurs et celles qui concernent la tranche horaire du lever et couché du soleil (déjà réglementée par l’arrêté préfectoral n°1744 de juillet 2008)… Tout l’argumentaire des agitateurs de peur s’effrite en passant de 15 à… 4 attaques mortelles en 30 ans.
Au bout du compte, n’en déplaise à tous ces assoiffés de subventions et aux ambitieux pressés d’aller se pavaner dans les commissions de la préfecture, le problème ne porte pas sur une particularité des requins à la Réunion, ne concerne ni la baignade, ni le palme masque tuba hors et dans le lagon, mais la pratique du surf, dans les eaux troubles et aux heures indues.
Jeanicot,
Esspecialiss en bébète-grand-dent
Auteur de nombreuses publications


