Pas de “grands escrocs” à la Bernard Madoff ou Charles Ponzi mais des milliers d'euros détournés

Soins fictifs, vrais remboursements détournés
La plainte pour escroquerie a été déposée en avril dernier. Un dentiste d'un cabinet à Saint-Pierre découvre que son assistante dentaire utilise sa carte professionnelle de santé pour facturer des soins fictifs à son propre profit, se faisant rembourser par la Sécurité sociale et sa mutuelle. Pour effacer ses traces, l'assistante crée des dossiers et les classe ensuite comme patients décédés.
Au total, plus de 25.000 euros ont été détournés en l'espace de trois mois. L'assistante a également utilisé les cartes professionnelles des trois autres dentistes du cabinet.
Auditionnée, la jeune femme de 34 ans explique avoir appris cette escroquerie de collègues en métropole et l'avoir testée là-bas sans être inquiétée.
Comme pour l'ensemble des prévenus de cette audience, la trentenaire a bénéficié d'une Comparution sur Reconnaissance Préalable de Culpabilité (CRPC), mais la procédure a finalement échoué.
« C'est une escroquerie bien rodée et pas nouvelle, puisqu'elle a reconnu l'avoir déjà expérimentée. Dommage que madame ne soit pas venue s'expliquer et assumer ses responsabilités », a regretté le procureur, qui a requis 4 mois de prison avec sursis et l'interdiction d'exercer une activité dans le médico-social et le secteur public durant 3 ans.
Le tribunal a suivi les réquisitions. L'assistante échappe toutefois à l'interdiction d'exercer, étant encore employée dans un cabinet au Tampon. Elle devra rembourser la Sécurité sociale et sa mutuelle, qui se sont constituées parties civiles.
Des chèques de son employeur directement encaissés sur son compte joint
Cette secrétaire travaille depuis une vingtaine d'années pour un groupement de plusieurs radios. La nouvelle équipe dirigeante découvre des irrégularités dans les comptes. En l'espace de 8 mois, la secrétaire détourne plus de 23.000 euros. Pour des raisons pratiques, le président de l'association lui signe des chèques en blanc, que la secrétaire, « au fond du trou » à cette époque, encaisse directement à son nom ou à celui de son mari.
« L'augmentation du coût de la vie m'a poussée à faire cette bêtise », avoue-t-elle à la barre. La secrétaire assure que l'argent détourné a été utilisé pour acheter de la nourriture, régler des factures et rembourser des crédits... Des explications qui laissent le tribunal perplexe, d'autant plus que son salaire avait été doublé, voire triplé. « Quand on fait le décompte, il vous restait une somme confortable », avance le procureur. « Mon mari ne travaillait pas à ce moment-là », répond la quadragénaire, mère de deux enfants. Pour le procureur, la secrétaire a cédé à « l'argent facile ».
En « guise d'avertissement », la secrétaire est condamnée à 5 mois de prison avec sursis. Les préjudices pour le groupement de radios seront examinés lors d'une prochaine audience civile.
Cueilli juste avant son départ pour la Thaïlande
Victime et prévenu avaient entretenu une courte relation avant de se séparer, restant bons amis. Dans ce contexte, la jeune femme accepte de confier 70 000 euros à son ex-compagnon pour les placer, l'homme se présentant comme courtier en immobilier. Elle lui prête même sa voiture, dont il est dépourvu. Rapidement, l'homme cesse de donner des nouvelles. La victime porte plainte.
L'enquête révèle que le courtier a vendu la voiture pour 2 500 euros, quinze jours seulement après l'avoir reçue, en utilisant un faux certificat de cession.
Un mandat de recherche est émis à son encontre. Il est arrêté alors qu'il s'apprêtait à partir pour la Thaïlande. L'homme de 41 ans reconnaît avoir pris l'argent de la vente et avoir investi les 70 000 euros à perte en bourse. « Les performances passées ne présagent pas des performances futures », ose-t-il plaider lors de son audition, faisant référence à une clause explicitement inscrite au contrat d'investissement signé.
« Ce n'est pas un grand escroc, à l'image d'un Bernard Madoff ou d'un Charles Ponzi, mais juste un petit escroc », tacle le procureur. Le premier est connu pour avoir détourné 65 milliards de dollars grâce à la méthode développée par Charles Ponzi, qui promettait d'importants rendements financés en réalité par de nouveaux investisseurs, sans réaliser de bénéfice.
Les réquisitions ont été suivies. Le courtier a été condamné à 6 mois de prison ferme, sans possibilité d'aménagement de peine.


