Parité hommes/femmes : Pour les socialistes "le chantier reste énorme"

La fédération socialiste de la Réunion est un exemple à elle toute seule et représente bien le terme parité. "Nous avons instauré dans la fédération la parité hHommes/femmes. Le secrétariat est composé de neuf membres dont cinq femmes, au dernier congrès socialiste, sur 26 élus, 13 sont des femmes. Toutes les commissions respectent la parité. Dans une quinzaine de jours, nous allons installer le bureau politique avec 20 membres et là aussi la parité sera respectée. Nous donnons l'exemple", explique en introduction le secrétaire départemental du PS à la Réunion, Philippe Leconstant.
A deux jours de la journée de la femme, officiellement mise en place par le gouvernement Mitterrand, la fédération socialiste de la Réunion a souhaité présenter les mesures gouvernementales en faveur de l'égalité femmes/hommes. Des mesures existantes, mais également portées par le nouveau gouvernement. "Le combat pour le droit des femmes est une lutte de tous les instants. Nous sommes les premières victimes du chômage, de la précarité ou encore de la violence à la Réunion", rappelle en préambule, Jeannine Dhort, secrétaire fédérale de la fédération PS. Cette dernière se félicite que le gouvernement ait de nouveau mis en place un ministère dédié intégralement aux Droits des femmes (ndlr: abandonné en 1986) et confié à la ministre Najat Vallaud-Belkacem.
Au rayon des mesures portées par le gouvernement Hollande, le secrétaire de la fédération revient sur l'élection départementale. "Plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement, notamment le nouveau mode de scrutin pour les futures élections départementales (ndlr : en remplacement des cantonales). Le gouvernement a instauré une parité avec un ticket homme-femme par canton", explique Philippe Leconstant.
"Nous mêmes, à l'Assemblée, nous sommes encore victimes de remarques sexistes"
Mais les lois sur la parité ne datent pas d'hier et sont rarement appliquées. Céline Sitouze, secrétaire fédérale, rappelle que depuis 1972, une loi oblige à rémunérer équitablement homme et femme pour un même poste. "Mais sur le terrain on constate toujours en moyenne 20 à 25% de rémunération en moins pour la femme", explique-t-elle. Plusieurs dispositifs vont être étudiés par le gouvernement pour amener les entreprises à réfléchir à une rémunération égale. "Il existe aujourd'hui un label égalité qui permet de voir si une entreprise s'est engagée dans un processus d'égalité entre homme et femme. Un label pour améliorer la situation de la femme au sein des entreprises", ajoute-t-elle.
Pour la députée de la 6ème circonscription, Monique Orphé, même si les choses ont "évolué en 60 ans" en matière de reconnaissance de parité, cela n'est pas suffisant. "Le chantier reste énorme", souligne-t-elle.
"L'égalité est installée dans le discours, mais pas dans les faits. La réalité a dû mal à avancer. Nous mêmes, à l'Assemblée, nous sommes encore victimes de remarques sexistes. Si on ne change pas les mentalités, la culture ou encore l'éducation, on n'avancera pas vite", précise-t-elle. C'est dans ce sens qu'une loi cadre sur l'égalité hommes/femmes va être proposée. "Elle agira sur trois volets, la parité, l'égalité et sur les violences faites aux femmes", conclut-elle.


