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Nouvelle-Calédonie : Incendies, pillages et tirs d’armes lourdes

La Nouvelle-Calédonie est plongée dans une vague de violences sans précédent, alimentée par le débat sur une réforme constitutionnelle qui divise profondément l'archipel. Dans la nuit de lundi à mardi, des affrontements ont éclaté à Nouméa et dans ses environs, marqués par des incendies, des pillages et des tirs d'armes lourdes. Cette situation tendue survient juste avant le vote crucial cet après-midi à l'Assemblée nationale sur l'élargissement du corps électoral, une proposition qui exacerbé les tensions entre indépendantistes et non-indépendantistes.

Ecrit par N.P. – le mardi 14 mai 2024 à 16H47
Capture d'écran Google Earth

La violence a atteint un sommet dans la nuit de lundi à mardi, selon les autorités. Le Haut-commissaire de la République, Louis Le Franc, a décrit une situation d’une « violence assez inouïe », avec des magasins détruits, des maisons incendiées, et des affrontements armés. L’usine de la société Le Froid est devenue un point focal dramatique après qu’un incendie a piégé une trentaine de jeunes à l’intérieur, avec un risque d’explosion due à des cuves d’hydrogène sous pression. Le Haut-commissaire a appelé ces individus à évacuer immédiatement pour éviter une catastrophe.

En réponse à ces troubles, un couvre-feu a été instauré de 18h à 6h dans le grand Nouméa. Le Premier ministre Gabriel Attal et d’autres responsables politiques ont condamné les violences, appelant à la reprise du dialogue. Des renforts considérables ont été mobilisés, incluant des unités du GIGN et des CRS, pour restaurer l’ordre. La présence policière accrue vise à prévenir de nouveaux affrontements, tandis que les autorités locales tentent de gérer les conséquences immédiates des violences.

La réforme constitutionnelle au cœur de ces tensions propose d’ouvrir le corps électoral des élections provinciales à tous les résidents de plus de dix ans. Les indépendantistes y voient une menace pour les droits des Kanaks, craignant que cela ne dilue leur influence politique et n’accélère la décolonisation. Cette proposition a suscité une vive opposition, manifestée par des blocages, des manifestations et, finalement, par des émeutes.

La maison du père d’une ex-secrétaire d’Etat incendiée sur fond d’injures anti-blancs

Le débat sur la réforme est prévu pour continuer à Paris, malgré les troubles. Les divisions au sein de la classe politique sur la conduite à tenir reflètent la complexité et la sensibilité de la situation. Des voix comme celle de Jean-Luc Mélenchon ont critiqué le gouvernement pour ne pas tenir compte de l’histoire des peuples locaux, tandis que d’autres, comme l’ex-secrétaire d’Etat Sonia Backès, défendent la réforme comme nécessaire pour équilibrer le pouvoir institutionnel.

Elle dénonce au passage les individus qui ont incendié la maison de son père âgé de 79 ans et les «insultes racistes» qui ont été proférées à cette occasion. « S’il n’a pas été attaqué parce qu’il était mon père, il a au moins été attaqué parce qu’il était Blanc », a affirmé la présidente de la province Sud de Nouvelle-Calédonie, interrogée sur BFMTV. « Pendant cinq heures, il a été insulté, caillassé, ils l’ont vu, ils savent qui il est », a ajouté Sonia Backès, déplorant des « insultes racistes ». « Il y a une incompréhension pour cette génération (…) d’entendre des gens qui leur disent de rentrer chez eux alors qu’ils sont là depuis quatre-vingts ans, nés ici pour la plupart et qu’ils n’ont pas d’ailleurs », a souligné l’ex-secrétaire d’État dont les propos ont été repris par Le Figaro. « À écouter les indépendantistes, on devient des étrangers dans notre propre pays et c’est particulièrement triste », a-t-elle ajouté.

Dans le même registre, les parents de Nicolas Metzdorf, député de la deuxième circonscription de Nouvelle-Calédonie, ont subi les mêmes menaces menaces. « Ils vivent à la campagne et nous avons dû déployer le GIGN pour les protéger », a expliqué le rapporteur du controversé projet de loi constitutionnelle au Figaro. Ces menaces selon lui, l’ont « renforcé » dans son « combat pour la démocratie ». « Plus les exactions seront violentes, plus on sera déterminé à aller jusqu’au bout », a ajouté l’élu.

La Nouvelle-Calédonie se trouve à un carrefour critique, où les décisions prises dans les prochains jours pourraient soit apaiser soit aggraver une situation déjà explosive. Les appels au calme se multiplient, mais la route vers une résolution pacifique reste incertaine.

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