"Nous sommes plus prêts que jamais à gouverner", Manon Aubry lance la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon depuis La Réunion

Présente depuis plusieurs jours sur l'île, la proche de Jean-Luc Mélenchon, qui convoite l'Élysée, Manon Aubry, a posé la première pierre de la campagne de La France Insoumise (LFI) à Saint-André devant plus de 150 personnes. En compagnie des députés Jean-Hugues Ratenon, Perceval Gaillard et du vice-président du Parlement européen Younous Omarjee, le mouvement de gauche a choisi La Réunion en raison des récents très bons résultats du parti lors de la dernière élection présidentielle.
"Une campagne se mène en allant à la rencontre des personnes et vous faites partie de notre équipe pour 2027." La députée européenne Manon Aubry lançait, mardi 26 mai, la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2027, depuis Saint-André.
L'établissement "Le Vieux Saltimbanque" s'est habillé de rouge et de violet. Drapeaux d'un côté. Affiches politiques de l'autre. Sur la terrasse en bois, toutes les chaises sont prises, certains doivent même rester debout, attendant de voir celle qu'ils attendent tous. Des jeunes d'une vingtaine d'années jusqu'aux retraités, des actifs, quelques élus, des femmes, des hommes, des enfants… Surtout, dans le regard de chacun, "de l'espoir", comme on peut l'entendre au détour de nombreuses conversations.

"Cette fois-ci, on peut vraiment gagner", lance une dame à son amie. Ce soir-là, à Saint-André, on vient de Saint-Paul, de Sainte-Marie, du Tampon et même de Saint-Pierre."On ne pouvait pas rater un tel événement", admet un militant, drapeau sur l'épaule. C'est l'événement qu'ils attendaient. Le décor est planté pour cette première soirée de campagne de La France Insoumise. Il est 19h35, Manon Aubry arrive et les discours peuvent commencer.
"La Réunion était insoumise avant l'heure, peut-être même avant que La France Insoumise n'existe"
Si le parti a choisi de débuter sa campagne ici, ce n'est pas un hasard du calendrier, ni une opportunité. Le choix était calculé de la part de la coprésidente du groupe "La Gauche" au Parlement européen. "La Réunion était insoumise avant l'heure, peut-être même avant que La France Insoumise n'existe." L'île de La Réunion avait voté, en 2022, à 40,26 % pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour. Elle compte deux députés ayant prêté allégeance au parti en les personnes de Jean-Hugues Ratenon et Perceval Gaillard, ainsi que l'eurodéputé Younous Omarjee, également vice-président du Parlement européen. Tous les trois étaient présents mardi soir, contrairement à Alexis Chaussalet, élu maire du Tampon en mars dernier et fortement soutenu par LFI.
La soirée était dirigée par Vanessa, militante du parti. Joé Bédier, maire de Saint-André, a introduit le propos en affichant son soutien, comme lors des précédentes élections présidentielles, au candidat LFI. Sur la question du coût de la vie et du pouvoir d'achat, l'édile a tenu à mettre en lumière les difficultés que rencontrent ses habitants. "Est-ce normal de voir ma ville vivre entre le 4 et le 10 du mois ?" Une précarité du peuple réunionnais qu'a reprise Denise Delavanne, élue de la commune de Saint-Paul. "Les inégalités se sont creusées avec le président des riches."
"Le choix se fera entre deux visions du monde"
Mais celui qui a fait monter l'ambiance, la température et les décibels, c'est le député de la 5e circonscription Jean-Hugues Ratenon. Micro en main, il a commencé fort : "Nou lé pré allé au combat." Actif sur l'estrade, il a évoqué le"racisme" de leurs adversaires, quand lui entend défendre "l'unique race, la race humaine". Des paroles qui ont fait mouche. Dans le public, des yeux ont rougi. L'émotion a grandi au fur et à mesure des paroles de Jean-Hugues Ratenon. "Chaque citoyen doit vivre dignement, annonce-t-il. La Réunion n'est pas raciste, La Réunion aime les gens. Pétain n'a pas sa place ici." Public debout. Les mots ont touché.
Ici, comme l'a anticipé l'eurodéputé Younous Omarjee, "le choix se fera entre deux visions du monde". Notons qu'en 2022, au second tour, 59,56 % des Réunionnais avaient glissé le bulletin de Marine Le Pen dans l'urne.
À 20h30, Manon Aubry a pris la parole, avec la voix un peu cassée, "depuis dix jours", et a fédéré la centaine de personnes présentes ce mardi soir en commençant par clamer son amour pour l'île. "La Réunion éclaire la France et bientôt la France éclairera le monde. Nous avons beaucoup à apprendre de La Réunion", tant dans la lutte contre le dérèglement climatique, dans la lutte contre la vie chère, que dans la possibilité d'un blocage des prix du carburant, a avancé l'Insoumise. Sur ce dernier point, la vision de son groupe politique serait de nationaliser l'entreprise pétrolière pour "bloquer les prix à la baisse" sur l'ensemble du territoire.
"Jean-Luc Mélenchon viendra à La Réunion"
Elle a ensuite exposé plusieurs points importants du programme de La France Insoumise pour 2027. L'eurodéputée est revenue sur la menace qui plane au-dessus des fonds européens d'aide aux agriculteurs des régions ultrapériphériques, comme le POSEI ou le FEADER, abordée durant l'après-midi avec la présidente de Région Huguette Bello, qui avait précisé qu'elle ne serait pas présente au meeting du soir. Mais aussi un Smic net à 1.700 € net, grand cheval de bataille de LFI, tout comme la retraite à 60 ans et un passage à la VIe République. "La Réunion a une position de hub dans l'océan Indien et nous ne laisserons pas tomber les Outre-mer comme a pu le faire Emmanuel Macron ces dernières années."
Sur chacune de ses prises de position, Manon Aubry a été applaudie, acclamée. Dans le public, certains se sont sentis fiers quand l'eurodéputée a remercié "ceux qui sont là depuis le début". Sur la fin de sa prise de parole, durant laquelle ses cordes vocales ont finalement tenu, le ton est monté lorsqu'elle a avancé vouloir "démanteler l'empire Bolloré", ou prendre "des sanctions contre Israël". Manon Aubry a conclu en assurant que "Jean-Luc Mélenchon viendra à La Réunion" prochainement.


