"J’invite la Commission européenne à venir voir ici ce qu’il se passe" : à La Réunion, Manon Aubry défend le maintien du POSEI

En déplacement à La Réunion cette semaine, l’eurodéputée Manon Aubry (LFI) est revenue, aux côtés de la présidente de Région Huguette Bello et du député européen Younous Omarjee (LFI), sur l’avenir des fonds européens FEADER et POSEI, essentiels pour les agriculteurs réunionnais et menacés dans le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne (2028-2034).
Pour son premier déplacement à La Réunion, Manon Aubry s’est rendue lundi 25 mai à la rencontre d’agriculteurs à Sainte-Suzanne. Le lendemain, lors d’une conférence de presse organisée avec Huguette Bello et Younous Omarjee, l’eurodéputée a tenu à défendre les dispositifs européens qui soutiennent l’agriculture ultramarine.
Dans le viseur : le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et le Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (POSEI), deux mécanismes destinés à compenser les surcoûts liés à l’éloignement et à l’insularité des régions ultrapériphériques comme La Réunion.
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Selon les élus, ces aides étaient menacées dans le cadre du futur budget pluriannuel de l’Union européenne.
"L’Union européenne veut fusionner ces fonds dans un ensemble de fonds structurels généraux, qui seraient décidés de manière centralisée à Paris et de manière déconnectée des réalités d’un territoire comme celui de La Réunion", a dénoncé Manon Aubry.
Une perspective qui inquiète particulièrement le monde agricole, déjà confronté à la hausse des coûts de production.
"J’invite la Commission européenne à venir voir ici ce qu’il se passe, a lancé l’eurodéputée insoumise. Si Ursula von der Leyen se rendait auprès des agriculteurs comme j’ai pu le faire, la Commission ne mènerait pas ses politiques de manière aussi déshumanisée et déconnectée."
De son côté, Huguette Bello s’est interrogée sur les réticences de Bruxelles : "Comment cela se fait-il que la Commission résiste, alors que tout le monde connaît le travail accompli grâce au POSEI sur les terres de la Réunion ?"
Younous Omarjee veut "sauver" une nouvelle fois le POSEI
Le député européen Younous Omarjee s’est appuyé sur l’article 349 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui reconnaît les contraintes spécifiques des régions ultrapériphériques (RUP) et permet l’adaptation de certaines politiques européennes à leurs réalités locales.
L’élu rappelle avoir déjà contribué, en 2013, déjà, au maintien du POSEI. Et il entend renouveler ce combat.

"Il n’y a pas de plan B. Le POSEI doit être maintenu. Ce que nous avons réussi une première fois, nous allons le refaire", a affirmé le vice-président du Parlement européen.
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Après le recul de la Commission européenne sur la suppression du dispositif, Younous Omarjee a porté une proposition visant à augmenter l’enveloppe du programme, une mesure adoptée par le Parlement européen.
Selon lui, cette hausse est nécessaire depuis l’intégration de Mayotte parmi les régions ultrapériphériques de l’Union européenne.
"Nous avons un POSEI qui a été dimensionné pour des RUP sans Mayotte. Entre-temps, Mayotte est devenue une région ultrapériphérique, donc le POSEI doit augmenter parce que ce n’est que justice", a-t-il expliqué.
L’enveloppe pourrait ainsi être portée à 7,3 milliards d’euros, soit trois milliards supplémentaires.
Une décision encore en suspens
Si le Parlement européen a validé cette augmentation, le texte doit encore être adopté à l’unanimité par les États membres du Conseil de l’Union européenne.
Sur ce point, Younous Omarjee assure qu’Emmanuel Macron a "réitéré son engagement encore la semaine dernière" en faveur du maintien du dispositif.
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Le député européen se dit malgré tout prudent malgré sa confiance affichée.
"Nous avons réussi à fédérer autour du POSEI, mais le Conseil de l’Union européenne reste un grand marchandage. Est-ce que nous serons sacrifiés ? Je ne le pense pas, si le président de la République tient bon", conclut-il.


