Cohésion européenne : les RUP redoutent un tournant budgétaire

Alors que la Commission européenne élabore le futur budget de l’Union pour 2028-2034, la présidente de la Région Réunion et le vice-président du Parlement européen tirent la sonnette d’alarme. Ils dénoncent un risque de renationalisation des fonds de cohésion, au détriment des Régions et des Outre-mer.
Le futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne, en cours de discussion à Bruxelles, cristallise les inquiétudes des Régions et des représentants des territoires les plus fragiles. « La vigilance s’impose à l’échelle de l’Union européenne avec les discussions engagées sur le futur cadre financier pluriannuel qui va déterminer l’avenir de la politique régionale et de cohésion », a alerté Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, lors de l’assemblée plénière du 26 juin dernier. Dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen, elle réclame que les spécificités des régions ultrapériphériques (RUP) soient dûment prises en compte.
« Renationalisation inédite des politiques européennes »
La crainte principale : que la politique régionale ne soit recentralisée au niveau des États membres, mettant ainsi fin à la gestion directe des fonds européens par les collectivités. « Le risque d’une renationalisation de la politique régionale, conjuguée avec une baisse globale des crédits alloués à la politique de cohésion, constitue une menace sérieuse », insiste Huguette Bello.
Ce constat est partagé par Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen, qui a également écrit à la présidente de la Commission. Il dénonce le possible démantèlement des instruments financiers européens tels que le FEDER, le FSE+, ou encore le FEADER. « Nous ne pourrons concéder à tant de reculs qui s’apparenteraient à autant de démissions de la Commission européenne », écrit-il. Il plaide pour le maintien d’une gouvernance à plusieurs niveaux, avec des règles européennes claires et une gestion partagée, afin d’éviter une « renationalisation inédite des politiques européennes ».
Défendre « la place des RUP au sein des nouvelles priorités européennes »
Le député européen rappelle les engagements pris par Ursula von der Leyen au début de son mandat, notamment celui de « donner aux régions le poids politique qu'elles méritent ». Il défend également le maintien des enveloppes spécifiques aux RUP, la revalorisation du POSEI, et la création de nouveaux programmes dédiés. « Sa renationalisation serait incompréhensible », prévient-il à propos de la politique de cohésion.
Du côté de Bruxelles, les premières propositions de la Commission, dévoilées le 16 juillet, confirment les craintes. « Le risque d’une remise en cause des principes et des moyens de la politique régionale et de cohésion est bien réel », note la Région dans un communiqué. Les discussions se poursuivront dans les mois à venir entre la Commission, les États membres et le Parlement européen. La Région Réunion, aux côtés des autres RUP, entend peser de tout son poids pour sauvegarder ses acquis et défendre « la place des RUP au sein des nouvelles priorités européennes ».


