Notre Ile multiculturelle n’est pas un fantasme !
Aucune image à la une trouvée pour cet article.
La controverse, qui n’est pas de Valladolid, entre un sociologue sincère mais sévère très pessimiste et un auteur-éditeur ayant une profonde connaissance de La Réunion, m’amène à m’expliquer.
Une étude sociologique se situe toujours dans un temps et un lieu particuliers.
C’est un truisme de durée que les sociologues finissent par porter à émergence les modes archétypaux de l’espèce humaine par le biais de l’étude qu’ils firent des identités des multiples groupes ethniques qui la composent. Karl Jaspers désignait comme "immatériel" un temps situé entre Confucius, Bouddha, Socrate et Jésus, comme le temps où l’espèce humaine se libère de ses légendes, de ses mythes, pour accéder à la vertu d’humanité... donc, Maître Kong, (Confucius) disait déjà que c’était "d’aimer les autres".
2000 à 2500 ans plus tard, l’espèce humaine subit de plein fouet la "modernité" dont le côté sombre prend le pas sur "la lumière", ayant entre autres comme effet pervers (par manque de maîtrise) de laisser actuellement un milliard d’êtres humains sans éducation, sans formation et sans ressources vitales.
Effet pervers dû à la perversité des hommes, à leur funeste appât du gain...
Est-ce pour autant que toute l’humanité est perverse ? Non ! Loin de là ! Mais, s’il convient de stigmatiser avec lucidité, force et ténacité ces dangereuses déviances, il faut aussi les corriger pour, dans le même temps, ne pas oublier ce qui "fonctionne" bien. Le monde nait avec chaque enfant qui voit le jour. Sa constructivité est permanente. Le monde est tel que vous, les adultes, le construisez.
A La Réunion, il y a hélas, comme dans le monde entier, de terribles déviances comportementales que nous tous, tous ensemble, devons corriger. Mais il faut aussi dire que La Réunion est une île où existe un très réel "savoir vivre ensemble", où l’autre est reconnu et respecté dans sa "sauvagerie identitaire" (selon l’expression du philosophe H. Caillavet), "car tous les hommes sans exception sont revêtus d’une tunique de dignité", ajoute-t-il.
C’est donc à vous, les adultes, de réagir "parce que nos actes nous fondent". A propos des enfants, un certain Marc Aurèle écrivait : "Eduquez-les ou supportez-les" !
Avec la claire conscience de nos nécessaires engagements, nous devons reconnaître qui heurte, blesse, dégrade notre société réunionnaise et le corriger mais, je le répète avec l’expérience que j’en ai, la société réunionnaise possède un véritable "savoir vivre ensemble" qui, bien sûr, doit être à chaque instant préservé.
Mon métier de "proviseur-bâtisseur" m’a amené, à travers sept pays différents, à rencontrer des hommes d’expressions culturelles diverses. C’est à La Réunion que j’ai connu, probablement, la meilleure attention portée à l’autre parce que, peut être ici davantage encore qu’ailleurs, on sait que "l’autre", malgré toutes ses différences apparentes, est un autre moi-même.
Pierre Plantey


