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Notes de lecture de Jules Bénard : La liberté de penser d’un certain Caruso, « Pagny par Florent »

La vie privée des personnages publics, politiques et artistes confondus, ne m'intéresse pas ! Car on court le risque, en lisant les magazines dits « people », d'en venir à brûler ce que l'on adorait. Le cas de John Wayne est symptomatique : excellent acteur de western mais abominable raciste justifiant le massacre des Amérindiens (« il fallait de la place pour les pionniers ») et la ségrégation raciale (« les Noirs ne sont pas encore capables d'occuper des postes à responsabilité »). C'est lui qui le disait, pas moi !

Ecrit par J.B – le dimanche 28 janvier 2024 à 14H52

C’est aussi le cas pour Mickaël Jackson, roi de la pop très soucieux de son public mais à la vie privée enfermée dans un maëlstrom épouvantable. Je ne lis donc jamais « Voici », « Gala » et autres torchons de papparazzi dont se repaissent les vers de poubelles. Je ne lis pas non plus les « Souvenirs de… » faisant la fortune des éditeurs spécialisés dans les dessous de ceintures.

Mais je ferai une exception pour Florent Pagny. Artiste protéiforme qui a eu le culot de dire son fait à la presse people, et victime d’un acharnement fiscal dont il s’est finalement sorti avec les honneurs.

Ce qui étonne, chez Pagny, c’est cette invraisemblable tessiture qui lui permet de ne pas être ridicule lorsqu’il s’essaie au bel canto, alors que ce chanteur de variétés (titre qu’il revendique) a d’abord évolué entre rock et douceurs vocales avec un même bonheur. Son « Caruso » est une merveille.

Mais Pagny n’est pas qu’un artiste confirmé ; c’est aussi un entrepreneur avisé qui a su récupérer, un peu comme l’ami Tapie, des entreprises en grandes difficultés et les rendre florissantes. Il est également amateur de grosses cylindrées anciennes, pas uniquement de Harley Davidson, ce qui ne peut que séduire les nostalgiques de la « Route 66 ».

Ce qui me plaît peut-être le plus, c’est cette fidélité inconditionnelle envers ses amis et Dieu sait s’il en a. Souvent déçu par certains de ceux-ci, il ne les a cependant jamais reniés ni, non plus, dit du mal.

Enfin, ne se contentant jamais de ce qu’il sait, Pagny est un infatigable voyageur, avide de « connaître les autres » car on ne s’enrichit jamais que de nos différences. Sans jamais le dire mais ça transpire dans chacune de ses phrases, il a fait sienne la devise de Saint-Exupéry : « Chaque fois que tu changes, je m’enrichis, mon frère ! » (« Terre des hommes »… je crois).

Ce franco-américo-argentin et son Azul de toute beauté aiment tout autant la France que la patrie de son Argentine adulée et la Floride « pour donner à nos enfants la chance d’être trilingues ».

Il n’arrête jamais et se défonce sur disque et sur scène… pour les siens ; car l’argent pour lui-même, il s’en fout royalement !

Bigrement sympa, ce mec !

« Pagny par Florent »
Fayard
500 pages et des farines

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