Naufrage du Tresta Star : "Il a subi la mer et a été entrainé par celle-ci"

Le Tresta Star naviguait à vide mais des résidus de fuel étaient présents dans ses cales. Malgré une opération de pompage, une brèche au niveau de la coque du souteur avait provoqué une pollution maritime par hydrocarbures soit une nappe d'environ 2.5 km s'étalant au large de St-Philippe.
Dépollution puis l'impasse du démantèlement
Après une phase de dépollution, la préfecture de la Réunion annonçait en mars 2022 la mise en place d'un programme de démantèlement. Quelques mois plus tard en décembre 2022, l'épave n'avait toujours pas été évacuée. Si plusieurs options étaient évoquées, les études permettait de tirer des conclusions peu réjouissantes. "Enlever totalement l'épave ne pourra se faire qu'en causant des dommages au patrimoine de l'Unesco. Et il sera impossible de les réparer. La société d'assurance a donc décidé de laisser le Tresta Star se dégrader naturellement" commentait le préfet.
Ces jours derniers, le Béamer, le Bureau d'études d'enquêtes sur les évènements de la mer a rendu son rapport en vue de déterminer les causes de l'échouement du Tresta Star. "En plein cyclone Batsiraï, l’équipage, sans tenir compte de la puissance du météore, a reproduit les actions déjà effectuées lors des précédents passages de cyclone : attendre le dernier moment pour lever l’ancre, rester à petite vitesse devant Port-Louis puis accompagner les nombreux autres navires sur zone vers un secteur du littoral protégé des intempéries. Mais le navire s’est trop écarté de la côte et a été emporté par les éléments."
Ainsi, le pétrolier s'est trouvé à devoir à affronter la pleine force d’un cyclone tropical intense alors que d'autres navires de plus grande capacité ont réussi à aller s'abriter dans le sud de l'île soeur. Le Tresta Star aurait pu prendre le large et attendre le passage du cyclone loin des côtes sauf qu'il n'était pas administrativement autorisé à la faire. Une autre facteur contributif de l'accident selon les experts.
Surchauffe des moteurs
A ces deux causes, il fait ajouter la surchauffe des moteurs et la perte répétée de la moitié de la puissance de propulsion du navire, ces derniers n'étant pas conçus pour faire face aux conditions climatiques exceptionnelles auxquelles le pétrolier a été confronté.
Enfin, après avoir retracé minute par minute toutes les manoeuvres effectuées par le commandant, les enquêteurs ont pointé du doigt une demande d'assistance tardive. Le commandant et son équipage ont passé une vingtaine d’heures à tenter vainement de modifier la route du navire. Au moment de prévenir les secours, celui-ci se trouvait hors réseau téléphonique et il n’y a plus de moyen nautique ou aérien capable d’intervenir rapidement pendant le cyclone dans la zone où le navire est entrainé.
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