Nassimah Dindar : "Nos caisses sont vides"

"En huit ans de présidence, c'est la première fois qu'un budget primitif a été aussi complexe à équilibrer". Nassimah Dindar entame ainsi l'assemblée plénière destinée à examiner le budget primitif du Conseil général. Il a donc fallu faire place à de "l'arbitrage", annonce la présidente du Conseil général, "avec d'un côté 51 millions d'euros supplémentaires pour 2013 de demande de RSA et d'APA à financer. De l'autre, les recettes gelées par l'Etat pour la 3ème année consécutive…"
"Aucune collectivité n'est responsable de l'aggravation de la dette publique". Nassimah Dindar a souhaité citer ici le président de la République, François Hollande, qui reconnait la responsabilité de l'Etat en la matière. "Je ne fais pas de la politique politicienne mais depuis huit ans, nous avons toujours dénoncé la non compensation des dépenses publiques quelle que soit la couleur politique des différents gouvernements", a-t-elle affirmé.
Alors comment continuer à agir malgré l'asphyxie budgétaire? Certains préconisent le levier fiscal, "nous n'avons qu'une seule fiscalité et nous ne l'augmenterons pas. Il s'agit d'une partie de la taxe foncière", indique la présidente. Pourrait-on alors baisser le volume d'investissement? "C'est un choix politique que je ne fais pas, je l'assume. Ce n'est ni aux familles, ni aux entreprises de payer le prix fort", a-t-elle poursuivi. Que reste-t-il alors? "Le levier de la solidarité nationale", lance Nassimah Dindar.
Le 22 octobre dernier, à l'Elysée, les présidents des Conseils généraux réclamaient de l'aide. La présidente a fait part de son espoir que le gouvernement réserve 13 millions d'euros pour la Réunion, sur les 170 millions d'euros de fonds exceptionnel adressé aux Départements. "Nous réclamons 13 millions d'euros, l'an dernier notre Département n'a rien obtenu. Par ailleurs je demande au gouvernement de respecter les Conseils généraux des DOM, nous ne sommes pas des 'quotas'", a-t-elle conclu.


