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Naïma Moutchou : "Les Outre-mer ont urgemment besoin d’un budget"

Ecrit par N.P. – le mercredi 7 janvier 2026 à 11H49
© Pierre Marchal / Anakaopress

Invitée de France Info, la ministre des Outre-mer a insisté sur l’urgence d’adopter la loi de finances 2026 pour relancer les projets dans les territoires ultramarins. Elle a aussi évoqué la Nouvelle-Calédonie, Mayotte, et dénoncé la dérive communautariste de certains responsables de la France insoumise.

"Nous n’avons pas d’autre choix que d’adopter un budget", a déclaré Naïma Moutchou sur France Info. La ministre des Outre-mer a insisté sur la nécessité pour le Parlement d’aboutir à un compromis dans les prochains jours : "Nous sommes sous régime de loi spéciale, qui est un service minimum. Nous avons besoin d’avancer. Les Outre-mer ont urgemment besoin d’un budget pour pouvoir déployer les projets."

Sur le plan parlementaire, les débats budgétaires reprennent le 8 janvier à l’Assemblée nationale en commission des finances, avant l’examen en séance publique à partir du 13 janvier. L’exécutif vise une adoption du projet de loi de finances d’ici la fin janvier, plaçant les parlementaires sous forte contrainte de calendrier.

"S’il faut mettre un 49.3, ce sera fait"

La ministre a rappelé que ce budget conditionne la relance de nombreux chantiers ultramarins : "Je pense à Mayotte, à la Nouvelle-Calédonie", a-t-elle cité, ajoutant que "s’il faut mettre un 49.3, ce sera fait". Selon elle, "ce qui n’est pas tabou, c’est qu’il faut absolument doter la France d’un budget le plus rapidement possible".

Revenant sur la situation en Nouvelle-Calédonie, où Emmanuel Macron a convié les élus le 16 janvier pour relancer le dialogue politique, Naïma Moutchou a réaffirmé "la nécessité de poursuivre le fil du dialogue". Elle appelle les indépendantistes à "venir s’exprimer devant le président de la République" et assure que "la porte reste ouverte pour que nous puissions, sur la base de l’accord de Bougival, ouvrir des perspectives aux Calédoniens".

La ministre a aussi évoqué son déplacement à Mayotte, un an après le passage du cyclone Chido. "La situation reste difficile pour les Mahorais", reconnaît-elle, tout en soulignant les premiers signes de redressement. "Les 4 milliards d’euros pour la reconstruction et la refondation, nous n’avons pas le temps d’attendre", a-t-elle affirmé, évoquant la nécessité de reconstruire écoles, infrastructures et réseaux d’eau.

Jean-Luc Mélenchon "joue avec le feu"

Dans la seconde partie de l’entretien, Naïma Moutchou a réagi aux déclarations de plusieurs députés de la France insoumise. À propos du député Sébastien Delogu, elle dénonce "une ligne politique assumée" et non de simples dérapages. Selon elle, Jean-Luc Mélenchon "joue avec le feu" et "instrumentalise les gens issus de l’immigration". "C’est du racisme, purement du racisme sous couvert de progressisme", a-t-elle martelé.

La ministre, elle-même issue des quartiers populaires, dit refuser de "laisser faire cette instrumentalisation". Elle dit aussi avoir été la cible d’insultes racistes après ses prises de position : "Arabe de service, retourne dans ton pays, voilà ce qu’est le niveau de débat pour ces gens."

En conclusion, elle alerte sur le climat préélectoral à deux mois des municipales : "Je crains que ce vote communautaire soit au cœur de la campagne. Moi, je viens des quartiers populaires, et j’ai un devoir moral d’essayer de protéger le pays. Je veux donner à ces gens à aimer la France, pas l’inverse."

Etiquettes : Budget | Naïma Moutchou | Outre-Mer

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