Mutation suspendue d'une enseignante : Ericka Bareigts appelle à une application sincère de la loi Égalité réelle Outre-mer

Une professeure réunionnaise, initialement destinée à être mutée à Paris, fait sa rentrée dans l’île grâce à une décision du tribunal administratif de Paris. Mais son affectation reste temporaire. Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis et ancienne ministre des Outre-mer, demande que la loi qu’elle a portée soit exécutée de manière concrète.
Julie (prénom d’emprunt), mère de deux enfants, a obtenu cet été la suspension de sa mutation à Paris grâce à une décision du tribunal administratif de Paris datée du 15 juillet 2025, comme rapportée par Zinfos974. Les juges ont rappelé que la loi Égalité réelle Outre-mer devait primer sur le barème de points de l’Éducation nationale. Cette loi accorde une priorité de retour aux fonctionnaires ultramarins selon les critères des Centres d’intérêts moraux et matériels (CIMM), dont Julie remplissait davantage que son concurrent venu de Mayotte.
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Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas contesté la décision et a finalement accordé à la professeure une affectation à La Réunion, mais uniquement pour l’année scolaire 2025-2026. Selon son avocat, Me Éric Dugoujon : « L’administration nous donne satisfaction, mais pas totalement. Nous serons particulièrement vigilants lors du mouvement de l’année prochaine, notamment sur l’application du CIMM et du rapprochement de conjoints. »
Cette situation souligne les tensions persistantes autour du système national des mutations, souvent perçu comme rigide et déconnecté des réalités familiales des fonctionnaires ultramarins. Chaque année, de nombreux jeunes enseignants réunionnais sont affectés d’office dans les académies de Créteil, Paris ou Versailles, causant des ruptures parfois lourdes de conséquences.
« La justice peut infléchir une logique purement administrative, parfois déshumanisante »
Dans ce contexte, Ericka Bareigts, actuelle maire de Saint-Denis de La Réunion et ancienne ministre des Outre-mer, a réagi dans un communiqué publié ce jeudi. Elle salue la détermination de la professeure et souligne la portée de la décision judiciaire : « Cette décision démontre que la justice peut infléchir une logique purement administrative, parfois déshumanisante, en réaffirmant la primauté des droits et de la dignité des agents ultramarins. »
L’élue rappelle que la reconnaissance des CIMM dans la loi résulte d’un long combat mené aux côtés des organisations syndicales, et que ce dispositif vise avant tout à éviter les drames humains liés à l’éloignement prolongé des fonctionnaires de leur territoire d’origine. Pour Ericka Bareigts, il ne peut s’agir d’une simple mesure transitoire : le ministère doit rendre cette affectation définitive et appliquer la loi « de façon concrète et sincère », afin de garantir aux agents ultramarins une véritable égalité de traitement.


