Municipales : À Saint-Denis, Giovanni Payet veut porter l’alternative citoyenne

Candidat aux municipales 2026, Giovanni Payet (La Voix Citoyenne) a déposé sa liste ce mardi 24 février en préfecture, confirmant son engagement pour Saint-Denis. Son objectif : "rompre avec les pratiques politiques classiques" et "répondre concrètement aux préoccupations des Dionysiens", des transports à la voirie, de l’éducation à la sécurité.
Originaire du Tampon, Giovanni Payet a quitté La Réunion à 20 ans pour poursuivre ses études avant de passer une décennie en métropole, notamment à Saint-Étienne. De retour sur l’île à 30 ans, il s’est installé à Saint-Denis, un choix qu’il revendique comme un engagement personnel. "Saint-Denis, c’est l’Europe. On voit des gens différents, venant de tous horizons. Et moi, c’est ce qui me plaît", explique-t-il. Investi dans la vie associative locale, il affirme avoir choisi la ville "par conviction" et non "par défaut".
Sa démarche politique s’inscrit dans le prolongement de sa candidature aux législatives de 2022, où il avait terminé septième sur dix-sept candidats. Une expérience qu’il considère fondatrice. Depuis, dit-il, il a consigné les préoccupations exprimées par les habitants dans les quartiers, sur les marchés ou aux arrêts de bus, une méthode qu’il présente comme la matrice de son programme municipal. À ses yeux, l’enjeu dépasse les clivages traditionnels. "Ce que nous voulons remettre au cœur du débat politique, ce n’est pas une étiquette, mais la capacité à répondre aux urgences du quotidien", soutient-il.
L'exemplarité publique érigée en principe de mandat
Le candidat revendique une ligne de gouvernance centrée sur l’exemplarité publique. Il s’engage à appliquer le non-cumul des mandats, à l’exception des fonctions imposées par la loi, notamment au sein de l’intercommunalité. Il propose également un plafonnement des indemnités perçues par les élus, incluant les rémunérations liées aux organismes publics, avec un maximum fixé à 5.000 euros brut mensuels. Dans la même logique, toute décision municipale concernant l’attribution d’un logement, d’un emploi ou d’une subvention devrait, selon lui, répondre à des critères transparents et objectivés afin de lutter contre le clientélisme. Il annonce par ailleurs que tout élu mis en examen pour manquement serait suspendu de ses fonctions et que l’usage des moyens municipaux à des fins personnelles serait strictement proscrit.
Cette approche critique s’inscrit dans une opposition assumée à la gestion de la maire sortante, Ericka Bareigts, dont il dénonce la communication jugée omniprésente et déconnectée des attentes concrètes des habitants. "On la voit partout, mais les habitants attendent d’abord des résultats concrets", estime-t-il, évoquant "des écoles accueillantes, une voirie praticable et une sécurité effective" comme priorités immédiates.
Transports gratuits et mutuelle communale pour renforcer le pouvoir d’achat
Sur le plan social, son programme prévoit la création d’une mutuelle santé communale négociée par la municipalité afin d’obtenir des tarifs de groupe pour les habitants, avec une baisse annoncée de 20 à 30 % des cotisations. Il propose également la mise en place d’une Maison dionysienne de la santé mentale destinée à accueillir les personnes confrontées à l’isolement ou à l’anxiété, avec l’objectif de renforcer le lien social et l’accompagnement de proximité.
La sécurité et la tranquillité publiques constituent un autre axe central. Le dispositif "Saint-Denis Tranquille" reposerait sur une application mobile et une ligne téléphonique dédiées permettant aux habitants de signaler tout dysfonctionnement urbain. "Fini la politique du sans réponse. Chaque signalement devra recevoir un suivi", assure-t-il. Cette initiative serait complétée par le programme "Les 100 zafèr ki dékon’", orienté vers la lutte contre les incivilités et les nuisances. "La propreté et la tranquillité ne sont pas des détails, ce sont les bases du vivre-ensemble", soutient-il.
Dans le domaine du pouvoir d’achat, Giovanni Payet promet la gratuité des transports en commun pour les Dionysiens à partir d’août 2026. Sur le plan du logement, il annonce la construction de 1.500 habitations d’ici 2030, incluant des résidences pour personnes âgées, un foyer pour jeunes travailleurs et un dispositif de cohabitation intergénérationnelle. Il défend également la réquisition de bâtiments vacants afin de répondre à la demande sociale.
L’éducation et l’innovation occupent une place structurante dans son projet. Il prévoit un programme décennal de rénovation des établissements scolaires sous l’intitulé "Mon lékol i refé". Il souhaite par ailleurs développer la formation et l’accompagnement à l’intelligence artificielle à travers la création d’un incubateur dédié, baptisé "PeiA", accessible à l’ensemble de la population.
"Je travaille pour 2050"
Sur le plan environnemental et agricole, il propose la mise en œuvre d’une "ceinture verte dionysienne", visant à accroître de plus de cent hectares les terres agricoles cultivables grâce à une révision du plan local d’urbanisme. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté alimentaire et de soutien à l’agriculture locale. Il entend également créer une Maison de l’accueil et de l’intégration dionysienne destinée aux nouveaux arrivants, avec un accompagnement linguistique et culturel.
Au-delà des mesures sectorielles, Giovanni Payet affirme porter une vision à long terme. "Je ne travaille pas pour 2026, je travaille pour 2050", assure-t-il, évoquant une transformation progressive de la ville fondée sur la justice sociale, la transition écologique et l’innovation publique. À travers sa candidature et le mouvement La Voix Citoyenne, il ambitionne de proposer une alternative municipale structurée autour de l’engagement citoyen, de la transparence et d’une gouvernance présentée comme "indépendante des logiques partisanes traditionnelles".



