Mozzarella di bufala : derrière le fromage star d'Instagram, la maltraitance animale

Un nouvel article vient mettre en lumière la maltraitance animale qui se cache derrière la production de la mozzarella di bufala, un formage très prisé des Français et star des réseaux sociaux.
Caprese scintillante, boule nacrée qui s’écrase sous la fourchette, basilic fraîchement cueilli : sur Instagram, la mozzarella di bufala est devenue un produit culte. Les hashtags qui l’accompagnent rassemblent des dizaines de milliers de publications où la mise en scène importe plus que le goût.
Mais derrière l'esthétique léchée présentée sur les réseaux se cachent des pratiques souvent insoutenables. Dans un article publié il y a quelques jours, Libération met en lumière la maltraitance animale derrière la production de ce fromage très prisé des Français. Le journal relaie notamment la situation de "buffles attachés et enterrés vivants, laissés agonisants en plein soleil, noyés ou privés de nourriture". Alors que des naissances sont nécessaires pour que les femelles produisent du lait, lorsqu’un mâle naît, il est considéré comme un sous-produit, celui-ci ne pouvant pas produire le lait nécessaire à la fabrication du fromage.
Quand la demande nourrit la souffrance
Des pratiques que la popularité mondiale de ce produit encouragent. Pour répondre à cette demande, certaines exploitations recourent à des méthodes intensives : inséminations à répétition, sur-exploitation des femelles, abandon des mâles jugés inutiles.
"Plusieurs ONG transalpines révèlent et dénoncent les coulisses de l’industrie du fromage italien – et plus spécifiquement de la Mozzarella di Bufala Campana AOP (Appellation d'Origine Protégée) -, promue comme l’excellence du « Made in Italy ». Différentes enquêtes menées ces dernières années mettent en évidence des animaux victimes d’actes de cruauté, principalement via des méthodes d’élevage interdites par l’Union européenne", peut-on lire sur le site de la Fondation 30 Millions d'amis qui précise que ces pratiques sont dénoncées depuis des années par des ONG, notamment par Animal Equality, et ont aussi été épinglées par des parlementaires italiens.
La Fondation rappelle au passage que ces dérives ne concernent pas seulement ce fromage et que la souffrance infligée aux buffles, vaches et veaux a déjà été documentée de maintes fois à l’échelle européenne. Des cas similaires ont d'ailleurs été dénoncés en France.
Les informations publiées par Libération font aussi écho aux images dévoilées en juin dernier par l'ONG Essere Animali, dans lesquelles on observe de nombreux actes de cruauté à l’égard des animaux d'élevage, rués de coups de pieds et de fourche. Certains, encore vivants, sont attachés par une patte et trainés sur des couloirs en béton, puis soulevées par des chariots élévateurs.
Des images difficilement soutenables auxquelles s'ajoute la problématique des dégâts environnementaux et sanitaires provoqués par les élevages intensifs.


