Mort de Kyéran à Saint-André : "des réquisitions conformes à la réalité du dossier" pour la défense

Alors que 30 mois de prison dont 20 avec sursis ont été requis ce matin contre le jeune majeur jugé pour la mort de Kyéran, 14 ans, le 9 mars 2023 à Saint-André, la défense salue des réquisitions mesurées, tenant compte « de la personnalité de l’accusé et du caractère imprévisible du décès. »
C’est dans le huis-clos du tribunal pour enfants de Saint-Denis qu’étaient examinées mercredi 1er avril les circonstances du décès tragique de Kyéran, un adolescent de 14 ans, le 8 mars 2023 à Saint-André.
Près de trois ans après les faits, son agresseur présumé, 15 ans à l’époque, était jugé pour violences volontaires sur mineur de quinze ans ayant entraîné la mort sans intention de la donner, faits passibles de dix ans d’emprisonnement devant cette juridiction spécialisée.
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Trente mois de prison requis
A l’issue de quatre heures de débats, le parquet a pris des réquisitions mesurées : trente mois de prison, dont vingt avec sursis probatoire. Soit dix mois d’emprisonnement ferme, déjà exécutés avec le temps passé en détention provisoire par l’accusé, qui a ensuite été placé dans un foyer de la PJJ jusqu’à sa majorité intervenue tout récemment.
Des demandes difficilement accueillies par les parties civiles, une partie de la famille de l’adolescent décédé ne cachant pas sa colère devant la peine réclamée, jugée trop clémente.
"Une bagarre entre deux adolescents" qui vire au drame
Pour la défense, ces réquisitions sont « peut-être douloureuses pour la famille de la victime », mais « elles tiennent compte de la réalité de ce dossier : une bagarre entre deux adolescents qui va finir sur ce drame qui n’a jamais été voulu par mon client », indique Me Myrella Laravine, conseil du mis en cause.
Pour l’avocate, le ministère public a tenu compte de la personnalité de l’accusé, « lui aussi un jeune adolescent au moment des faits, qui n’avait pas de casier judiciaire et n’était pas connu des services de police, qui est dans une volonté de réinsertion assez forte (…) et qui avait exprimé des regrets sincères très tôt dans la procédure. »
"Immaturité et imprévisibilité"
Un dossier dans lequel « une certaine immaturité a rencontré une imprévisibilité », souligne l’avocate, en référence aux « malformations vasculaires cérébrales » découvertes lors de l’autopsie de la victime et qui ont été mises en avant par la défense pour remettre en question « le lien de causalité » entre « les coups qui ont été portés et cette issue fatale. » En l’absence de certitudes sur ce point, Me Laravine a plaidé en faveur d’une requalification des faits en simples violences volontaires.
"Concordance de temps et de lieu"
Pourtant, en dehors de ces considérations médicales, le magistrat instructeur en charge du dossier avait pour sa part retenu l’existence d’un lien « direct et certain », s’appuyant sur« une concordance de temps et de lieu entre les lésions consécutives des coups et l’hémorragie cérébrale » à l’origine du décès de Kyéran.
Avocat du père et des grands-parents de la victime, Me Jean-Jacques Morel avait quant à lui plaidé sur des faits « de nature criminelle, symptômes d’une société ultra-violente. »
Le tribunal pour enfants a mis sa décision en délibéré au 29 avril.


