“Mon entreprise d’informatique a été victime de la banque et de la justice”

Comment vos ennuis ont commencé ?
“Mes ennuis ont commencé le jour où j’ai signé un contrat avec Macé Distribution en novembre 2007. Ce partenariat devait générer 400.000 euros de chiffres d’affaire, en plus des 300.000 euros que j’ai réalisé sur les huit premiers mois de mon activité”.
Votre activité avait pourtant bien démarré ?
“Mais, c’est quinze jours après avoir remis ce contrat à ma banque, la BNP, que les soucis bancaires ont débuté. En deux mois, j’ai eu des rejets de chèques, de traites et de prélèvements. En quatre mois, la BNP m’a avait prélevé 7.000 euros de frais et m’a supprimé mon découvert professionnel sans m’en avertir”.
Vous êtes allé en justice ?
“J’ai porté plainte contre la BNP au mois de janvier 2008 pour rupture abusive de crédit. Au mois de septembre 2008, le tribunal de commerce de Saint-Pierre a condamné la BNP à verser à mon entreprise, 12.000 euros de dommages et intérêts, alors que le préjudice subi par ma société s’élève à 700.000 euros”.
C’est un gros préjudice…
“En effet, j’estime à 300.000 euros mon chiffre d’affaire annuel, auquel devaient s’ajouter les 400.000 euros du partenariat de Macé Distribution. Avec ce montant de dommages et intérêt, il était logique que je fasse appel bien que la BNP ait été reconnu coupable”.
Vous avez obtenu gain de cause en appel ?
“Non, bien au contraire. L’appel rendu le 14 septembre 2009, est encore plus aberrant que le jugement pris en premier ressort. La décision de la Cour d’appel est truffée d’incohérences et d’inexactitudes. Parmi les plus graves, quatre m’amènent à m’interroger sur les obstacles et tracas rencontrés depuis le début de mon activité professionnelle”.
Quelles sont ces incohérences et inexactitudes ?
“Le nom d’une société qui je ne connais apparaît dans mon jugement. La Cour d’appel a affirmé qu’il n’y avait que deux mois de découvert à la banque alors que sur la page suivante, cinq mois de découvert son énumérés. La BNP a confirmé qu’elle a bien mis fin à mon découvert alors qu’au départ, la banque maintenait qu’il n’y avait pas de découvert…”
La quatrième…
“Autre incohérence, la Cour a indiqué par ailleurs qu’il n’y aucune interdiction bancaire sur mon entreprise, alors que l’IEDOM m’a remis le 15 septembre 2009, une attestation d’interdiction bancaire qui a démarré le 5 février 2008 et pour se terminer le 22 juillet 2013”.
Et quelle a été la décision de la Cour d’appel ?
“A l’issue de ces attendus contradictoires, la Cour d’appel m’a condamné à rembourser un découvert de 7.897,10 euros et à payer les frais d’avocat de la BNP. L’appel a confirmé par ailleurs le premier jugement, c’est-à-dire que la BNP doit me verser 12.000 euros de dédommagement et intérêt et payer mon avocat. Si ça c’est pas de la justice et de la magouille”.
C’est-à-dire ?
“Je parle de magouille car lorsque je regarde tout ce qui m’est arrivé depuis que j’ai ouvert mon entreprise, il y a trop d’erreurs ou de fautes graves pour parler d’incompétence. Pour moi, il y a autre chose. L’expansion à venir de mon activité professionnelle dérange sans doute un leader de la place”.
Qui ?
“…”
Sur la vidéo, nous avons demandé à Elie Taïeb, si ce traitement qu’il dénonce, a été réservé à sa seule entreprise.
Blog de Elie Taïeb : [email protected]


