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“Mon ami m’a frappée, jetée à terre puis maintenue au sol avec ses genoux…”

Josie a 45 ans. Elle a participé samedi dernier à la Marche blanche. Cette Dionysienne, mère d’un enfant, a été victime du “caractère colérique” de son ami. Elle continue sur Zinfos974.com, sa croisade contre “toutes les violences faites aux femmes”. Elle a vécu les insultes, le racisme, l’humiliation et les coups. Elle raconte…
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 26 novembre 2008 à 05H51

Josie*, divorcée, est formatrice de profession. Il y a un an, elle a rencontré l’amour. “C’était l’amour fol”, comme le chantait Jacques Brel dans sa chanson “les amants”. “J’ai connu à nouveau ce sentiment qui rend folle et aveugle”.
Elle a emménagé dans son appartement. “Nous avons vécu trois mois sans nuages”. Mais, le ciel bleu s’était vite assombri. “Il a commencé à m’insulter. C’était : je n’ai rien à foutre de toi, je vais te foutre dehors, tu vaux rien…”
Divorcé, cet homme qui a découvert la maison familiale vide, un jour de retour de voyage, n’a pas non plus de respect pour sa mère. “Une fois, je l’ai entendu parler à sa maman au téléphone. Il a été odieux”.
“C’est à partir du mois de juillet de cette année que les violences verbales étaient devenues de plus en plus fréquentes. Il m’insultait et m’humiliait même devant nos amis”. C’est au mois d’août que les insultes se sont transformées en menace. “Il m’a poussé violemment lors d’une soirée à la maison”.

La nuit maudite

Et puis, il y a eu cette nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre. “Son fils de quinze ans était à la maison. Lui aussi était terrifié par la colère et la violence de son père. Dès les premiers cris de notre dispute, il s’était enfermé dans sa chambre. De toute façon que pouvait-il faire ?”.
Dans le salon, la discussion s’était très vite envenimée. “Il était très en colère. Il avait déjà mis des affaires à moi dehors”. Et le prince qui n’était plus charmant s’est alors changé en un violent bourreau.
“Il m’a d’abord donné des claques. Comme j’essayais de me défendre, il m’a saisie par les cheveux. Il m’a obligé à le suivre du salon à la cuisine, toujours en me tirant par les cheveux”.
“Dans la cuisine, il m’a à nouveau poussée et cette fois-ci, je suis tombée sur le carrelage. Il s’est alors jeté sur moi. Il m’a donné des coups de poing et des coups de pied. Je criais, je lui hurlais d’arrêter”. Et lui, continuait son déchainement de violence.

Le long calvaire de Josie

“Comme j’essayais de me relever, il a posé ses genoux sur moi, pour me maintenir au sol”. Josie a choisi alors de ne plus se défendre, son agresseur sans doute fatigué, a arrêté les coups.
“Je suis restée un long moment allongée sur le carrelage froid de la cuisine”. Le silence de la nuit était juste entrecoupé de pleurs, de soubresauts d’un corps meurtri par les coups, d’une plainte lancinante et d’un appel secours qui se perdait dans la nuit noire.
“Je suis restée prostrée sur le sol pendant une bonne vingtaine de minutes. Quand j’ai retrouvé mes esprits, j’ai vu qu’il avait mis une autre partie de mes affaires dehors. Il m’a demandé de quitter les lieux”.
A l’insu de son violent concubin, Josie a récupéré son téléphone portable. “Mais, j’ai eu juste le temps de faire le numéro d’une amie. Elle a décroché mais je n’ai pu lui parler. J’étais toujours sur le sol. J’ai posé le téléphone à côté de moi et j’ai pleuré. Je crois qu’elle m’a également entendu lui demander : pourquoi tu m’as battue?”

“Tas de m….”

“Comme elle était au courant de notre situation, elle est venue me chercher avec son mari. A leur arrivée, il a dit à mes amis : débarrassez-moi de cette m…., je regrette de l’avoir mise dans mon lit. Il m’a de nouveau traité de tas de m….”
“C’est alors que je me suis relevée, j’ai rassemblé une partie de mes affaires et je l’ai quitté…”
Le jour même, Josie a eu trois jours d’ITT de SOS Médecins, “puis le dimanche soir, j’ai porté plainte contre lui au commissariat Malartic”.
“Mes amis ont également été entendus. Mon agresseur a été convoqué lundi après-midi, puis placé en garde à vue toute la nuit. Il a tenté de m’intimider lors d’une courte confrontation de deux à trois minutes. Les deux policiers l’ont vite remis à sa place”.
“Il avait dit auparavant qu’il avait le bras long et que ma plainte n’aboutirait pas. Puis, il est venu me demander de la retirer”.
Josie n’a pas retiré sa plainte. Elle veut aller au bout de cette affaire pour le respect d’elle-même, et pour sa dignité d’être humain et de femme…

* NDLR: Josie est un prénom d'emprunt destiné à préserver l'anonymat de la victime

 

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