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Mobilisation à Saint-Denis : CGTR, FSU et Solidaires réclament un budget « juste et solidaire »

Ecrit par S.I. – le mardi 2 décembre 2025 à 15H10

Dans un contexte social tendu, l’intersyndicale CGTR–FSU–Solidaires a rassemblé ses troupes devant la préfecture. Elle alerte sur les conséquences du budget 2026 et accuse l’exécutif de faire peser l’effort sur les ménages les plus modestes.

À La Réunion, l’intersyndicale CGTR–FSU–Solidaires a organisé ce mardi 2 décembre une journée d’action interprofessionnelle pour dénoncer un projet de budget 2026 jugé insuffisant face aux besoins sociaux du territoire. Dès 9 heures, plusieurs dizaines d’agents et de salariés se sont réunis devant les grilles de la préfecture, à Saint-Denis, répondant à un appel national de grève et réaffirmant les revendications portées depuis plusieurs mois par les organisations syndicales.

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Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des actions menées en septembre, considérées comme une réussite par les syndicats, qui entendent maintenir la pression sur un gouvernement accusé de faire peser ses choix budgétaires « sur ceux qui ont le moins ». La FSU Territoriale rappelle ainsi son attachement à « un modèle social fondé sur la solidarité, la cohésion et la justice sociale » et met en avant une série de revendications visant à améliorer les conditions de vie et de travail des agents publics. 

Retraites, santé, salaires : un modèle social en danger selon les syndicats

Parmi elles figurent une revalorisation immédiate de 10 % du point d’indice, la suppression du jour de carence, le retour à une rémunération à 100 % en cas d’arrêt maladie, la reconstruction des grilles indiciaires, la titularisation des contractuels, ainsi que la semaine de 32 heures sans perte de salaire. Le syndicat demande également le retour de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans et l’abrogation de la loi de « Transformation de la fonction publique », estimant que celle-ci fragilise les collectivités. Pour répondre aux besoins croissants du service public, il réclame en outre un plan massif de recrutements statutaires.

CGTR : des choix budgétaires qui frappent « ceux qui n’ont rien »

À la CGTR, le discours est tout aussi critique concernant les arbitrages du gouvernement. Son secrétaire général, Jacky Balmine, estime que les mobilisations restent indispensables, notamment contre la réforme des retraites qu’il continue de contester malgré son report. « Les revendications sont toujours les mêmes. C’est d’abord mettre de côté la réforme de la retraite », affirme-t-il, ajoutant que le recul partiel du gouvernement n’a été obtenu que « grâce aux mobilisations que l’on a eues sans arrêt ». Il reproche également à l’exécutif de chercher des économies « sur les prestations sociales, les salaires et les allocations », et d’aller « prendre de l’argent chez ceux qui n'ont rien ». Selon lui, la population réunionnaise se trouve déjà « aux abois », prise entre la vie chère, la précarité et l’insuffisance de logements disponibles. Il souligne ainsi qu’alors que 50 000 demandes de logements sont en attente dans l’île, les bailleurs sociaux et les communes ont fortement réduit leurs investissements cette année, ce qui freinerait la relance économique.

FSU : l’austérité, « un choix politique » et non une nécessité

La FSU partage cette analyse et dénonce un budget qu’elle qualifie d’« austère », ciblant particulièrement les travailleurs, les familles modestes et les retraités. Sa secrétaire départementale, Jocelyne Latchimy, critique les réformes présentées comme des mesures de rationalisation mais qui, selon elle, se traduisent en réalité par une détérioration des droits sociaux et des conditions de vie. Elle considère que les efforts demandés ne sont pas équitables et que les plus hauts revenus sont épargnés. L’augmentation des franchises médicales fait également partie des points de crispation : « Plus la personne est malade, plus elle paye. C’est l’inverse même d’un système solidaire », alerte-t-elle, y voyant un symbole des choix politiques du gouvernement. La FSU affirme qu’un autre budget est possible, fondé sur l’investissement public, l’éducation, les salaires et l’égalité, et demande la reprise d’un véritable dialogue social.

En se rassemblant devant la préfecture, l’intersyndicale réunionnaise entend rappeler que les décisions budgétaires nationales ont des conséquences directes sur les territoires ultramarins, déjà marqués par une forte précarité et un manque d’investissements publics. Les organisations syndicales affirment qu’elles poursuivront la mobilisation tant que le gouvernement maintiendra une politique qu’elles jugent incompatible avec les besoins de la population et la situation économique locale.

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