Michel Accot, 72 ans, le taulier des forains de Miel Vert

Être forain, c'est souvent une affaire de famille. Les Accot ne font pas exception. Ils ont été parmi les premiers à faire venir de “grands” manèges à La Réunion. Michel,72 ans, propriétaire de l'infatigable pieuvre, ne se lasse pas de ces ambiances de fêtes foraines. Portrait.
Alors que Miel Vert a débuté depuis vendredi, Michel a certes levé le pied, mais n'est pas prêt à laisser derrière lui ses manèges. Depuis une cinquantaine d'années, ce forain écume les fêtes foraines de l'île avec ses auto-tamponneuses, sa "pieuvre" et plus récemment le XXL, une sorte de carrousel 2.0, acquis avec ses fils.
“J'ai commencé avec mon frère dans les années 70. Il avait le premier grand manège de La Réunion, le Telstar. Dans ce temps-là, il y avait peu de fête et nous étions peu à se lancer dans les manèges. À son départ à la retraite, j'ai pris la relève. J'ai commencé avec les autos-tamponneuses puis la Pieuvre. Aujourd'hui mes fils sont en train de reprendre ma suite. Ils ont acquis le XXL en plus”, pose chaque maillon de la chaine Michel.
Forain et technicien
La musique qui résonne, les cris des enfants, les éclats de rire, l'odeur de la barbe à papa, des pralines, des fritures et des viandes grillées, les spots de lumières vives et colorées... une description de la fête, de Miel Vert pour beaucoup, mais pour Michel tout cela “c'est le boulot”.
Pour que petits et grands s'amusent en toute sécurité, “c'est du travail”, décrit l'envers du décor Michel. “Les fêtes se déroulent environ une fois par mois et à chaque fois qu'on démonte le matériel, on le ramène au dépôt pour une grosse révision”. Une tache que le septuagénaire effectue avec minutie pour éviter les catastrophes en premier lieu, mais aussi “parce que La Réunion, c'est tout petit et au moindre accident, c'est fini. Si vous ne faites pas le nécessaire, vous coulez”. Le contrôle du matériel, Michel le fait également chaque matin. "Je fais une liste sur mon téléphone et on vérifie point par point".
Connaissances des systèmes hydrauliques, mécaniques, mais aussi électriques... Michel se veut être davantage un technicien qu'un animateur qui interpelle et amuse les visiteurs. Des compétences qu'il a acquises à l'école, mais apprises surtout sur le tas. Ce qui ne l'empêche pas d'appeler de ses vœux à plus de contrôle des manèges pour éviter les accidents.
Un métier passion
En 50 ans, les choses ont bien changé. Il y a certes plus de fêtes foraines, mais aussi plus d'attractions proposées. La concurrence peut aussi être rude dans ce milieu, mais c'est plutôt la baisse du pouvoir d'achat des familles qui pèse sur son entreprise. “En 10 ans, on a connu une baisse d'environ 40 % de notre chiffre d'affaires”, estime Michel Accot.
Pour autant, le forain ne baisse pas les bras et quitte volontiers sa tranquillité Saint-Philippoise pour les fêtes foraines de l'île avec une préférence pour la fraicheur de Miel Vert. “Je viens voir si mes fils ont besoin de quelque chose. À vrai dire, ce que j'aime le plus, c'est travailler en famille”.


