MEREN-REUT : le Département et l’AFD investissent ensemble dans la future usine d’affinage

Avec une subvention de 400.000 euros, l’AFD accompagne les premières études du projet MEREN-REUT. Objectif : transformer les eaux usées traitées de la STEP du Grand Prado en une ressource agricole précieuse, grâce à la future usine d’affinage.
Le Département de La Réunion et l’Agence française de développement (AFD) ont signé ce lundi 23 mai une convention de financement pour la réalisation du projet MEREN-REUT, un programme structurant visant à répondre aux défis majeurs de gestion de l’eau dans les micro-régions Est et Nord de l’île. Ce projet novateur s’inscrit dans une dynamique de développement durable et de sécurisation de la ressource en eau, face aux effets croissants du changement climatique.
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Un territoire sous tension hydrique
Ces dernières années, plusieurs communes comme Saint-André, Bras-Panon, Sainte-Marie, Salazie ou encore la Plaine des Palmistes ont dû recourir à des arrêtés de restriction de l’usage de l’eau, en raison de la baisse des ressources durant l’été austral. Une situation paradoxale dans un territoire qui reçoit près de 7 milliards de mètres cubes d’eau par an, mais dont la répartition reste inégale dans le temps et l’espace.
"Le défi de l’aménagement hydraulique de l’île est donc essentiel pour surmonter les contraintes présentes et à venir, avec l’ambition de sécuriser l’approvisionnement en eau, de la population en général et des agriculteurs en particulier", a rappelé Jeannick Atchapa, vice-président du Département, représentant le président Cyrille Melchior.
MEREN : un chantier majeur pour l’aménagement du territoire
Le projet MEREN, pour Mobilisation des ressources en eau des régions Nord et Est, vise la création d’un périmètre irrigué de 3.000 hectares, allant de Saint-Denis à Saint-André, ainsi que la sécurisation de l’approvisionnement en eau brute pour les activités industrielles et agricoles, notamment à Bois-Rouge. Près de 300 millions d’euros seront mobilisés pour concrétiser ce chantier considéré comme "le grand projet de la décennie à venir" par le Département.
Complémentaire au projet MEREN, le volet MEREN-REUT introduit une dimension circulaire inédite. Il prévoit la réutilisation des eaux usées traitées par la station d’épuration du Grand Prado pour irriguer plus de 400 hectares de terres agricoles, en particulier pour des cultures de canne à sucre. "Ce projet garantira une irrigation durable et sécurisée, soutenant près de 50 exploitations", a précisé Jeannick Atchapa.
L’AFD accompagnera cette phase stratégique avec un financement de 400.000 euros (et 400.000 euros pour le Département) destiné aux études de conception de l’usine d’affinage et du réseau de distribution, dont les travaux doivent débuter en 2027.
Un premier projet de cette ampleur en France
Marie-Pierre Nicollet, directrice de l’AFD Réunion, a salué un "projet de première importance", soutenu via le fonds Outre-mer mis à disposition par le ministère des Outre-mer. Elle a souligné l’aspect pionnier de cette initiative : "Il s’agit du premier programme de grande envergure de réutilisation des eaux usées mené à La Réunion, et aussi de l’un des principaux projets français en la matière."
REUT (réutilisation des eaux usées traitées) constitue selon elle "l’une des pièces maîtresses du projet MEREN", capable de prendre le relais en cas d’indisponibilité des eaux de surface, tout en garantissant une irrigation régulière toute l’année. L’usine d’affinage prévue permettra de porter la qualité des eaux aux normes sanitaires exigées pour un usage agricole.
"Ce projet conjugue performance économique, innovation et durabilité. Il vient renforcer le Plan Eau national et positionne La Réunion comme un territoire exemplaire en matière de gestion intégrée de la ressource", a conclu la représentante de l’AFD.


