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Menaces sur agents : « Je vais vous tuer, vous et vos mères »

Un jeune homme de 21 ans comparaissait devant le tribunal judiciaire pour des faits de violences, d'outrage et menaces de mort. Les cibles de sa colère sont quatre policiers et un contrôleur du réseau Citalis. Voyageant sans ticket et fortement alcoolisé, il a refusé de payer l'amende qui était due.

Ecrit par Régis Labrousse – le lundi 14 août 2023 à 11H40

« Je vais vous tuer, vous et vos mères« . C’est en substance l’état d’esprit de Karim H., 22 ans, lorsque la police arrive pour l’interpeller suite à un contrôle de tickets à bord d’un bus Citalis à Saint-Denis le 5 août dernier vers 16 heures. Très fortement alcoolisé, le jeune homme s’en prend aux contrôleurs, les menaçant avec une bouteille en verre. Il s’en prend ensuite à la police, appelée en renfort. Les agents finissent par le maitriser pour l’emmener au commissariat et, cette fois, il vomit dans la voiture et sur des policiers qu’en plus, il insulte. Arrivé à bon port, cette fois il crache sur un policier.

Blessé à la bouche à son arrivée à Malartic, il se plaint de violences policières mais des témoins attestent d’une bagarre entre lui et le dalon qui l’accompagnait lors du contrôle de ticket. À propos, le dalon, ayant payé son amende, est reparti sans passer par la case garde à vue. Totalement hors de contrôle, le jeune homme apparait en rupture de traitement pour des accès de colère. 

« Si j’ai fait ça, je m’en excuse« 

Les policiers devront attendre une heure du matin pour tester son alcoolémie. Le test affiche alors 0,78 g/l d’alcool dans le sang neuf heures après son interpellation. Déjà connu pour des faits identiques, il finit devant le tribunal judiciaire pour répondre de ses actes. Le président, afin de bien recentrer le débat, estime son alcoolémie au moment des faits entre 2,6 et 3,5 g/l d’alcool dans le sang. Pour sa part, à la barre, le prévenu a un positionnement clair : « Je n’ai aucun souvenir« . Calme et posé, s’exprimant avec clarté, il ajoute : « Si j’ai fait ça, je m’en excuse« . 

Le prévenu, qui doit partir en métropole pour un cycle secondaire en alternance, n’a pas de domicile fixe, il vit dans un squat. Habitué des procédures pour transport sans billet, il affiche deux mentions à son casier. Il explique au tribunal qu’il ne prend pas son traitement car il ne le supporte pas en raison des effets secondaires. Pour autant, il affirme qu’il ne boit que trois ou quatre fois par an. À priori, de manière excessive. L’expertise psychiatrique relève une dangerosité du prévenu et une altération du discernent au moment des faits. 

« Il ne se souvient de rien, il est donc nécessaire de lui rappeler ses actes aujourd’hui »

« 6 infractions, 5 victimes et 10 personnes entendues« , fustige le parquet pour ses réquisitions. « Il ne se souvient de rien, il est donc nécessaire de lui rappeler ses actes aujourd’hui. Une scène de violence lourde et continue où il était particulièrement déterminé. Il était dans un état d’alcoolisation importante. Je demande une peine de 18 mois de prison dont 8 mois de sursis probatoire ainsi que son maintien en détention« , conclut la procureure. 

« Quelle sévérité inopportune pour un gamin de 21 ans qui est altéré par le psychiatre« , répond la défense. « C’est quelqu’un d’atypique qui, ce jour là, a eu un comportement répréhensible. Il doit rentrer en BTS le 20 septembre pour tenter de s’en sortir. Il n’a personne dans la vie, il s’en sort tout seul et ce que dit le parquet, c’est qu’il faut l’embastiller pendant 8 mois. Les faits sont inacceptables certes mais une peine de sursis probatoire intégral est possible », plaide la robe noire. 

Après délibération, le tribunal décide de condamner le prévenu à 18 mois de prison dont 12 mois de sursis probatoire. Il est prononcé son maintien en détention. Contactée après l’audience, la défense annonce faire appel de ce jugement. 

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